La Presse nous apprenait il y a quelques mois que les écoles de l'ouest de l'île de Montréal débordent. Loin d'être confinée à cette région, cette problématique empoisonne la vie de bien des familles à travers la province.

Je le vis personnellement avec mon fils ainé qui fréquente l'école Charles-Bruneau de Brossard. La population de cette école n'a cessé de croître au cours des dernières années pour atteindre cette année le chiffre record de 860 enfants. Il n'y a plus de local d'informatique, l'enseignante d'anglais est condamnée à pousser un chariot de classe en classe et les examens dentaires se font dans le bureau de la directrice.

Le journal local annonçait l'automne dernier la construction prochaine d'une nouvelle école qui, dit-on, sera prête pour la rentrée 2014. Je ferai une Thomas de moi-même sur ce dossier et croirai à cette nouvelle école lorsque je la verrai.

Dans l'intervalle, j'en ai contre le manque de vision de la commission scolaire Marie-Victorin qui semble avoir volontairement et sciemment ignoré la nouvelle ville qui a littéralement émergé de terre depuis cinq ans à Brossard avec la construction du Quartier Dix30 et des complexes résidentiels adjacents.

Ce que j'achète encore moins, c'est la solution dont la commission scolaire a accouché afin de pallier le manque d'espace actuel. Une «Annexe Charles-Bruneau» a en effet été aménagée, de très belle façon d'ailleurs, dans une école désertée afin de recevoir les classes de maternelle. Le problème? Cette annexe est située dans la ville voisine de St-Hubert, à plusieurs kilomètres de l'école Charles-Bruneau. Le comble du ridicule? Aucun transport scolaire n'est offert en fin de journée pour ramener les enfants à l'école Charles-Bruneau. Comment tout ça a pu être possible?

Une commission scolaire jouit du droit de déplacer un enfant de son école de quartier sur une certaine distance, apparemment calculée à vol d'oiseau. C'est beau, un vol d'oiseau. Mais c'est bien loin de la course folle de fin de journée que vivent les parents qui, devant l'obligation de récupérer leurs enfants à deux ou trois endroits différents, pourraient devoir se résigner à payer quotidiennement des frais de retard au service de garde.

L'année dernière, des parents sont partis en croisade auprès de la commission scolaire afin d'expliquer aux commissaires les conséquences qu'avait cette décision sur leur réalité familiale. Après des mois d'incertitude, la commission scolaire a finalement voté une résolution afin que des classes de maternelle réservées aux frères et soeurs d'enfants fréquentant l'école Charles-Bruneau soient maintenues sur le site principal. Malheureusement, non seulement cette résolution n'était valide que pour un an, mais il est fort probable qu'elle ne pourra être reconduite pour l'an prochain puisque les enfants des cinq classes de maternelle de l'Annexe rejoindront l'école en première année et qu'aucun local ne sera alors disponible pour les classes de fratrie. Comme mon fils cadet entrera à la maternelle en septembre prochain, mon inquiétude est vive et je serai de ceux qui iront à nouveau au front pour défendre l'argument du gros bon sens.

Notre cynisme à l'égard de la bureaucratie est malheureusement entretenu par ces bêtises qui nourrissent nos préoccupations parentales. Souhaitons maintenant réussir à convaincre les commissaires que la vie de parent se passe les deux pieds sur le plancher des vaches et certainement pas la tête dans les nuages, à vol d'oiseau.