Mon texte «La tragédie grecque en 10 actes», publié dans La Presse de mardi dernier, a suscité de nombreuses réactions, plusieurs très positives, d'autres allant tout à fait dans le sens contraire. Les réseaux sociaux, quant à eux, se sont arrêtés sur mes sources, notamment sur un courriel qui était à l'origine d'une partie des 10 actes que je citais dans mon texte.

Le lendemain, La Presse a publié une «Précision» rappelant l'importance qu'elle accorde au professionnalisme et à la rigueur. Cette «Précision» de La Presse m'a profondément choqué, car j'ai assumé, peut-être à tort, qu'elle me visait. Dans ma tête, si La Presse accepte de publier un de mes textes, elle se doit d'assumer sa décision et de faire face à la musique si des critiques s'ensuivent.

Tout d'abord, je ne me considère pas comme un journaliste et je n'ai pas la prétention de l'être. En conséquence, je refuse qu'on me juge sur le code de déontologie des journalistes, code que je ne connais pas et que je n'ai pas à connaître. J'écris des opinions sur ce qui se passe au Québec ou ailleurs à travers le monde et je l'ai toujours fait avec une approche rigoureuse.

La Presse n'a aucune obligation de publier mes textes et je n'ai aucune obligation d'en écrire. Je dis tout haut ce que beaucoup de gens pensent tout bas. Cela me permet de partager mes opinions sur diverses questions, souvent fondées sur mon expérience du monde des affaires. Et il semble que ceux qui me suivent régulièrement apprécient cette façon de faire totalement indépendante de la rigidité journalistique.

Dans le cas de mon texte de mardi dernier, j'avais des notes vagues sur plusieurs points déjà connus des observateurs concernant la Grèce, dont: les filles célibataires de fonctionnaires décédés recevant une rente, le nombre ridicule de fonctionnaires et de professeurs payés plusieurs fois ce qui est payé dans le secteur privé, souvent à ne rien faire, les fraudes fiscales massives, les retraites parfois à 50 ans, etc. Il s'agissait pour moi de valider ces notes par des recherches approfondies.

J'ai, selon mon habitude, consulté plusieurs médias et fait des recherches sur l'internet pour y trouver des confirmations crédibles. J'en ai trouvé sur plusieurs sites, dont lesechos.fr, lui-même citant abondamment le livre Boomerang du journaliste américain vedette Michael Lewis. À ce que je sache, tous les faits rapportés dans mon texte sont vrais, bien que quelques données puissent ne plus être tout à fait à jour, car la situation grecque évolue rapidement.

J'ai également repris un courriel qu'un ami m'avait envoyé quelques jours auparavant. J'ai cité une partie de ce courriel sans le changer et sans en révéler la source, car elle était anonyme. Certains y ont vu du plagiat. Ce n'est pas mon cas, car je savais que ce courriel circulait déjà et c'est une des raisons pour lesquelles je l'ai cité. L'important pour moi était à l'effet que le contenu était conforme à ce que d'autres sources m'avaient révélé.

J'attache moi aussi beaucoup d'importance au professionnalisme et à la rigueur. Et je crois l'avoir démontré au cours d'une carrière bien remplie. Je rappelle que ma démarche n'est pas celle d'un journaliste professionnel, car je n'en suis pas un. Je refuse donc, tel que je l'ai mentionné plus haut, d'être jugé sur le code de déontologie des journalistes. Je suis un simple lecteur participant à sa façon à la discussion publique.

Je n'ai pas de contrat avec La Presse ni salaire ni autres avantages. J'écris en toute liberté et sans contrainte. Et La Presse a la même liberté à mon endroit.