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L'éminence grise

Marcel Côté a été de tous les grands... (Photothèque Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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Marcel Côté a été de tous les grands combats au Québec depuis 30 ans. Il a toujours fait preuve d'intégrité. Une alliance Côté/Harel serait l'équivalent d'un rapprochement est/ouest, libéral/péquiste, fédéraliste/souverainiste, Montréal/ex-banlieues.

Photothèque Le Soleil, Laetitia Deconinck

Gaétan Frigon

Ex-PDG de la SAQ et de Loto-Québec, l'auteur (gfrigon@publipage.com) est président exécutif de Publipage. Il collabore régulièrement à notre section Débats.

Bien qu'il ne soit pas connu du grand public, Marcel Côté songe à se présenter à la mairie de Montréal. Il s'agit certes d'une excellente nouvelle, considérant son parcours impressionnant, son intelligence et son modus operandi.

Marcel a été de tous les grands combats que le Québec a connus au cours des 30 dernières années, même si son rôle a la plupart du temps été derrière la caméra que devant. Il s'agit d'un homme qui a toujours fait preuve d'intégrité et de rigueur dans tout ce qu'il a entrepris, d'un homme qui a toujours su remettre en question le statu quo.

Ce qui me vient à l'esprit en voulant décrire Marcel Côté: «le penseur tout en gris». Il aura en effet été l'éminence grise derrière de grands politiciens et gens d'affaires influents. Il aura aussi été la matière grise derrière de grands projets qui ont marqué le Québec moderne.

J'oserais ajouter que son discours a aussi été tout en gris, tout d'abord dans le sens qu'avec lui, tout n'est jamais tout blanc ou tout noir, mais aussi dans le sens qu'il est un orateur plutôt gris, car chacun de ses mots porte sans nécessairement avoir un grand éclat. Et c'est sans compter ses cheveux gris qui sont la marque d'une grande expérience accumulée au cours des années.

Marcel Côté a fondé Secor en 1975. Cette entreprise, appartenant aujourd'hui à KPMG, aura été (et est encore) le symbole de la réflexion stratégique nécessaire au succès à long terme des grandes entreprises qui ont fait appel à ses services. Sa spécialité était de repérer et d'évaluer les occasions d'affaires pour ses clients. On l'a vu s'associer non seulement avec les grands noms de l'entrepreneurship québécois, mais aussi avec des premiers ministres, tant au niveau provincial que fédéral.

Combien de fois ai-je entendu politiciens ou gens d'affaires dire, avant de prendre une importante décision, «Attendez, je vais appeler Marcel Coté pour avoir son opinion». C'est dire à quel point tout un chacun respectait sa façon de penser et d'agir. Il faut admettre ici que Marcel a toujours été identifié au Parti libéral et qu'il a toujours clairement fait ressortir ses positions fédéralistes. Mais même les plus fervents souverainistes respectent son intégrité et son approche rigoureuse, même s'ils ne sont pas toujours d'accord avec lui.

Récemment, j'ai écrit dans ces pages que je ne voyais pas Louise Harel comme maire de Montréal, pas plus que Richard Bergeron qui fait peur à bien du monde avec ses prises de position simplistes concernant les autos, lesquelles semblent lui faire pousser des boutons dans le visage. La candidature potentielle de Marcel Côté, après celle de Denis Coderre, pourrait s'avérer un élément déterminant dans cette course.

Ce qui, de prime abord, donne de la crédibilité à la candidature de Marcel Côté est son alliance potentielle avec Louise Harel, qui deviendrait la numéro 2 de l'équipe. En fait, une alliance Côté/Harel serait l'équivalent d'un rapprochement est/ouest, d'un rapprochement libéral/péquiste, d'un rapprochement fédéraliste/souverainiste, d'un rapprochement Montréal/ex-banlieues, d'un rapprochement gens d'affaires/population en général. Et à la suite des fusions et défusions malheureuses qui hantent encore Montréal, ce serait peut-être l'occasion rêvée de trouver la solution d'avenir pour la relance de notre belle ville.

Il n'y a pas de doute que la candidature de Marcel Côté donnerait du piquant à la course à la mairie de Montréal tout en établissant une alternative crédible à Denis Coderre, que les sondages donnent favori. Certains diraient que ce serait le représentant de l'establishment contre le populiste. Mais, au moins, les citoyens de Montréal auraient un choix entre deux personnalités aux antipodes.

L'un ou l'autre de ces deux candidats représenterait un tournant positif, chacun à sa façon, pour le Montréal de demain.




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