«Disons-le, nous avons été une société pauvre pendant des décennies. C'est depuis la Révolution tranquille qu'est apparue une classe d'affaires avec un peu plus de moyens, ce fameux Québec inc. [...] Alors, il faut comprendre qu'il y a du rattrapage à faire».

Avec ces quelques mots, Pauline Marois a bien cerné la situation du mécénat culturel au Québec. La mise sur pied d'un groupe de travail pour en faire la promotion est une excellente chose en soi, car la culture joue un rôle essentiel dans l'épanouissement du Québec.

Présidé par Pierre Bourgie, un grand mécène dont la famille a été l'instigatrice de la salle Bourgie au Musée des beaux-arts de Montréal, ce groupe de travail aura comme mandat de soumettre des recommandations au gouvernement sur, notamment, la façon de promouvoir la création d'une nouvelle génération de mécènes au Québec.

Le Québec offre déjà les avantages fiscaux les plus généreux au Canada, mais le niveau des dons accuse un retard important par rapport aux autres provinces. Pourtant, le Québec a un programme appelé Mécénat Placements Culture qui verse une subvention de contrepartie pour chaque contribution ou don privé recueilli par les organismes culturels.

Il est reconnu que, dans le passé, les Québécois francophones n'ont jamais accordé au mécénat la même importance que la communauté anglophone ou la communauté juive, par exemple, l'ont fait et le font toujours. En pourcentage, la proportion de Québécois qui donne est peut-être équivalente à celle des autres provinces. Cependant, la grande différence vient du fait que les montants donnés sont à peu près la moitié de ceux des autres provinces. Et près du quart de cette moitié est donné aux communautés religieuses. Il en reste donc peu pour la culture.

Cela ne veut pas dire que le Québec n'a pas eu de grands mécènes dans son histoire. Au contraire. Jean-Louis Lévesque aura été un des premiers, et plusieurs autres ont suivi, dont les Desmarais et les Coutu. Toutefois, la plupart de ces mécènes se sont impliqués dans les domaines de la santé et de l'éducation. Peu se sont impliqués dans le domaine de la culture.

Et c'est à ce niveau qu'il faut travailler pour convaincre les gens d'affaires d'augmenter leur contribution, ce qui aura pour effet de mettre en valeur notre immense réservoir culturel. Présentement, le financement des entreprises culturelles est beaucoup plus l'affaire du gouvernement et l'affaire de commanditaires corporatifs. Il faut un virage à ce niveau, car le temps du mécénat culturel est arrivé au Québec.

Avec l'aide notamment de Sophie Brochu, PDG de Gaz Métro, et de Jacques Parisien, vice-président exécutif de Astral Media, le groupe de travail en question devra dans un premier temps valider les données actuelles et trouver les raisons de notre déficit culturel. Dans un deuxième temps, le groupe de travail devra proposer des solutions concrètes. Déjà, des pistes semblent poindre à l'horizon.

Je lève mon chapeau au gouvernement pour cette initiative, ainsi qu'aux gens d'affaires qui font partie du groupe de travail pour la générosité de leur temps.