Un rêve toujours pertinent

Martin Luther King, lors d'un discours en mars... (Photo Chick Harrity, archives Associated Press)

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Martin Luther King, lors d'un discours en mars 1967.

Photo Chick Harrity, archives Associated Press

Elsy Fneiche

L'auteure est psychoéducatrice dans des écoles de Montréal. Elle collabore régulièrement aux pages Débats.

Les derniers siècles ont été marqués par de multiples combats visant à restituer des droits fondamentaux aux hommes et aux femmes. Que la révolution pour les droits de l'homme porte le visage de Nelson Mandela, symbole d'émancipation d'un peuple ayant subi des siècles de ségrégation, ou celui de Martin Luther King, l'auteur du célèbre discours I Have a Dream, de nombreux acteurs nous laissent un héritage ayant bouleversé à tout jamais le courant de l'humanité.

Bien que ces battants aient été au bout de leurs combats, l'histoire de la ségrégation raciale n'est malheureusement pas chose du passé. En effet, à l'heure actuelle, ce phénomène sévit encore dans diverses régions du globe, même dans les sociétés les plus évoluées.

Par exemple, souvenons-nous que pour beaucoup de victimes de Katrina, les difficultés logistiques reliées à cette catastrophe étaient étroitement liées à la discrimination raciale. Le révérend Jesse Jackson, défenseur de la cause noire aux États-Unis, rappelait que plus de 120 000 habitants de La Nouvelle-Orléans, majoritairement des Noirs touchant moins de 8000$US, n'avaient pas accès aux ressources qui leur auraient permis de fuir. D'autres étaient trop âgés ou malades pour le faire. Le révérend Jackson a aussi souligné que le budget utilisé pour la guerre en Irak aurait été plus utile et mieux investi dans la construction de protections pour la région dévastée.

Par ailleurs, selon une cartographie du racisme dressée par le journaliste Max Fisher du Washington Post, la France s'impose encore comme l'un des pays les plus racistes. En effet, 22,7% des Français ne veulent pas d'un voisin d'une «race» différente de la leur. Au Québec, même s'il n'est pas permis de dénigrer ouvertement une personne selon des critères physiques ou ethniques, les récents débats sur la Charte des valeurs ont levé le voile sur l'existence d'une xénophobie exprimée par des commentaires et comportements haineux.

Aucun statut ne prémunit contre les propos racistes. Récemment, une Française de 12 ans posait un geste odieux en tendant une peau de banane à la ministre d'origine guyanaise Christiane Taubira, tout en criant «une banane pour la guenon». Hélas, le mépris des hommes à l'endroit de la différence est un virus pour lequel l'humanité n'a pas encore trouvé vaccin.

Le racisme, la xénophobie et l'esclavage ne sont malheureusement pas des phénomènes appartenant à une époque ancienne. Au fil du temps, la discrimination envers différents groupes est devenue tolérée. Si dans le Québec d'hier ce sont les communautés italiennes et chinoises qui furent ciblées, aujourd'hui, elles ont tout simplement été remplacées par d'autres communautés.

En ce jour de Martin Luther King aux États-Unis, nous devrions nous rappeler que le legs des combats menés au nom de la liberté et de l'égalité nous appartient aujourd'hui. Son rêve «d'une nation où mes petits-enfants ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère» reste pertinent.

L'ignorance est souvent responsable de ce qui mène à la bêtise humaine et tant qu'elle persistera, le mépris continuera de s'en nourrir. Car tel que dit par Luther King: «Souvent, les hommes se haïssent les uns les autres parce qu'ils ont peur les uns des autres; ils ont peur parce qu'ils ne se connaissent pas; ils ne se connaissent pas parce qu'ils ne peuvent pas communiquer; ils ne peuvent pas communiquer parce qu'ils sont séparés.»




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