Que l'on soit pour ou contre la stratégie de subversion des Femens, une chose est certaine, ça marche. En fait, Marie Chantal Toupin avait compris avant tout le monde que la poitrine féminine est un leurre publicitaire d'une efficacité redoutable. Une annonce qui cible principalement les mâles occidentaux, possédés par la testostérone, car je suis en effet certain que les Femens n'auraient pas grand succès en essayant de perturber une réunion du Conseil du statut de la femme.

L'obsession du mâle Homo sapiens pour la poitrine féminine est un mystère qu'anthropologues, biologistes et psychiatres essayent d'élucider depuis des décennies. Et ce ne sont pas les zones d'ombre qui manquent! Selon les évolutionnistes et autres sympathisants de Darwin, c'est cette bipédie qui nous caractérise qui aurait contribué à sexualiser la poitrine féminine. 

L'humain étant une des rares espèces adeptes de la position du missionnaire, le contact avec les seins pendant les ébats aurait contribué progressivement à sexualiser ces organes, qui ont été inventés avant tout pour nourrir les bébés.

Les scientifiques de l'évolution parlent des seins comme d'une deuxième paire de fesses, placée par la nature juste à la bonne hauteur. Selon la culture et le pays, les hommes sont plus ou moins intéressés par les fesses proximales ou distales. 

C'est ainsi qu'en Occident, on paye des fortunes pour des augmentations mammaires, pendant que des Brésiliennes se font arranger le derrière et le devant, parce que leurs hommes semblent avoir une sensibilité bidirectionnelle. 

Mon grand-père, plus adepte du verso que du recto, enseignait de donner à la belle une petite tape affectueuse sur une fesse. Si après une heure, ça vibre encore, c'est qu'elle est bonne à marier! Que voulez-vous? À chacun ses critères de beauté.

Je viens d'une culture où voir une fille pas de top ne déclenchait pas le téléphone arabe, et déplaçait encore moins la télévision nationale. Si les Femens faisaient irruption sous un arbre à palabres en pays Sérère, d'où je viens, elles impressionneraient plus par la blancheur que leur peau que par leurs lolos. 

Je me souviens d'avoir expliqué à ma soeur, qui est au Sénégal, l'événement Janet Jackson au Super Bowl de 2004. Vous savez, la fois où Janet a fait perdre la tête à l'Amérique en faisant apparaître sur scène un bout de son mamelon. Savez-vous ce que ma soeur m'avait répondu? Elle m'avait dit que c'est parce que les Américains n'avaient pas de vrais problèmes, comme trouver à manger et à boire, qu'ils s'inventaient de faux scandales.

Larry Young, professeur de psychiatrie à l'université d'Emory, a apporté des résultats presque troublants sur le sujet. Lors d'une expérience, Young et ses collaborateurs ont réparti des jeunes hétérosexuels en deux groupes. Ils leur ont remis de l'argent virtuel, qu'ils devaient faire fructifier dans un jeu d'investissement, le tout devant des écrans où défilaient des images. 

L'auteur a alors remarqué que le seul fait de montrer un décolleté plongeant sur le moniteur pouvait perturber profondément le jugement des jeunes hommes, au point de les rendre complètement mabouls et irréfléchis avec le pognon. Comme si cela ne suffisait pas, la simple vue d'un soutien-gorge pouvait les déstabiliser.

Si ce n'est pas ça un trouble congénital, dites-moi c'est quoi? D'ailleurs, les yeux écarquillés et la bouche ouverte de certains députés à la vue des Femens semblaient corroborer les conclusions de cette étude. 

Heureusement, nos braves représentants ne votaient pas le budget ce jour-là, sinon les filles auraient probablement, comme dans l'expérience de Young, provoqué une dilapidation des deniers publics.