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Comment vendre l'environnement à Legault

Le gouvernement Legault n'a aucun, aucun appétit pour une loi «anti-déficit... (PHOTOMONTAGE LA PRESSE)

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Le gouvernement Legault n'a aucun, aucun appétit pour une loi «anti-déficit climatique» qui le forcerait à respecter ses cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES). L'idée est bonne, même s'il est vrai qu'elle serait lourde à appliquer au début.

Si le premier ministre prétend ne pas en avoir besoin, c'est à lui que revient le fardeau de prouver comment il s'y prendrait alors pour réduire les GES. Sinon, le Québec risque fort de revivre le scénario classique : un gouvernement se donne une cible puis ne fait pas grand-chose pour l'atteindre, en sachant très bien qu'il n'en payera pas le prix politique. En effet, il faut attendre environ deux ans pour compléter le calcul des émissions. Quand l'échec est rendu public, le gouvernement a déjà fini son mandat...

La loi anti-déficit est une idée du Parti québécois et du Pacte pour la transition. Elle a vite été appuyée par Québec solidaire. La semaine dernière, le Parti libéral s'y est rallié.

Elle contraindrait le gouvernement à réduire ses émissions de GES chaque année et à démontrer comment chaque nouveau projet, comme une usine d'urée ou un tronçon d'autoroute, serait compatible avec l'atteinte des cibles. Sinon, le projet serait bloqué.

Aux yeux du gouvernement caquiste, cette loi ne serait qu'une patente inutile. Selon le nouveau ministre de l'Environnement, Benoit Charette, la baisse des GES est d'abord une question de «volonté». Il n'a pas tort. Mais cette loi est justement utile quand on craint que le gouvernement manque de volonté.

Les caquistes craignent que la loi les menotte. À leur décharge, son application serait en effet assez lourde.

M. Charette promet plutôt une approche «pragmatique». En d'autres mots, il promet de se confiner aux petites mesures. Voilà une excellente façon de garder le cap vers l'échec.

L'automne dernier, M. Legault a reconnu que l'environnement était le maillon faible de son programme. Il cherche encore à définir sa façon de lutter contre les changements climatiques. On le sent sincère.

Comment l'aider? En conjuguant l'environnement avec trois priorités caquistes : le nationalisme économique, la qualité de vie des familles et la lutte contre le gaspillage.

Selon l'Institut de la statistique, à peine 10% des déplacements pour se rendre au travail se font en covoiturage. Cela aggrave la congestion, qui bouffe notre précieux temps. Cela grève aussi les finances des familles, avec l'emprunt sur une deuxième voiture. Et enfin, cela creuse le déficit commercial du Québec, qui avoisine en moyenne 10 milliards de dollars, surtout à cause du pétrole.

Bien sûr, la solution passe par de grands projets de transports collectifs, mais il faudra attendre plusieurs années avant que de nouveaux métros ou tramways fonctionnent. D'autres mesures doivent donc être prises d'urgence.

En attendant d'accoucher d'un plan de transition énergétique, le gouvernement caquiste pourrait maintenant encourager le covoiturage et le télétravail, lancer des projets de bus rapides (SRB) et investir davantage dans des filières vertes.

On le sait, le blocage de projets économiques n'est pas dans les habitudes caquistes. M. Legault préfère le rôle de bâtisseur économique. Cela pourrait devenir sa marque: celle de développeur de l'économie verte.

Le premier ministre a commencé à porter ce chapeau en vendant l'hydroélectricité québécoise à l'étranger. C'est très bien, mais cela ne changera rien aux émissions québécoises. M. Legault pourrait poursuivre sur cette lancée en investissant massivement dans les emplois de demain en énergie verte. Il suffirait d'intensifier ce qui se fait déjà, par exemple avec les bornes de recharge pour véhicules électriques.

Enfin, la lutte contre le gaspillage pourrait aussi s'inscrire dans un plan vert. M. Legault déteste l'inefficacité. Or, il y en a une dont il pourrait parler davantage : l'inefficacité énergétique. Malheureusement, le Québec manque d'ambition à cet égard. Sa cible : réduire de seulement 15% l'inefficacité d'ici 2030.

Moins d'inefficacité, moins de déficit commercial et plus de qualité de vie pour les familles : l'environnement pourrait devenir une valeur caquiste.




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