Le plan de décongestion de la Coalition avenir Québec (CAQ) en offre un peu à tout le monde. Il y a des projets pour Laval et la couronne nord, pour la Rive-Sud et aussi pour l'est de Montréal. Mais il est difficile de poser un jugement éclairé sur l'ensemble. Car il manque un plan pour savoir comment appliquer le plan.

La CAQ propose des investissements de 10,5 milliards d'ici 2030, auxquels s'ajouteraient les contributions du fédéral et des municipalités.

Mais que ferait-elle dans les quatre prochaines années ? Et dans quel ordre ? On l'ignore.

C'est plutôt habile. Chaque électeur croira que le tronçon de REM, métro, tramway ou route qui le concerne se fera bientôt. Pourtant, rien ne le garantit.

Il faut reconnaître que le parti d'opposition manque de ressources pour bien évaluer le coût et la faisabilité des projets. Et il faut aussi reconnaître que le parti s'améliore.

À ses débuts, la CAQ défendait rarement les transports collectifs. On ne l'entendait pas non plus s'inquiéter souvent de gaz à effet de serre. Mais ce printemps, M. Legault a osé appuyer le tramway de Québec, même si cela irritait certains de ses députés.

Reste que la CAQ ne s'est pas soudainement convertie en apôtre de la mobilité durable. Dans la Capitale Nationale, elle réclame en priorité un troisième lien entre Québec et sa Rive-Sud. Des milliards de dollars seraient dépensés pour augmenter les émissions de gaz à effet de serre et accélérer l'étalement urbain, avec un effet inconnu sur la congestion. Les caquistes courtisent ainsi le vote des automobilistes. Tout comme les libéraux, d'ailleurs...

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Depuis 30 ans, le développement des transports collectifs est bloqué par l'instabilité politique - chaque gouvernement retarde ou annule les annonces de son prédécesseur. Avec son nouveau plan pour Montréal, M. Legault ne tombe pas dans le piège. Il reprend le REM, le prolongement de la ligne bleue et les voies réservées déjà en préparation, comme celles sur l'autoroute 15.

Là où la CAQ marque des points, c'est dans son ouverture aux nouvelles technologies.

Comme elle l'a fait depuis quelques années, la formation remet en question les vieilles façons de faire. Elle veut faciliter le covoiturage commercial et lutter ainsi contre l'auto solo, cette immense source de congestion et de pollution. La CAQ veut aussi accélérer les projets avec les voitures autonomes.

Ce qui inquiète toutefois, c'est qu'elle veut aussi brasser la cage de la nouvelle Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM). Cette nouvelle agence, où siègent une majorité de non-élus, a été créée pour dépolitiser la planification du réseau, afin d'éviter l'arbitraire politique. Or, M. Legault a déjà annoncé ses couleurs. Si le plan ne lui plaît pas, il ne le respectera pas.

Il est vrai que les recommandations de l'agence ne seront pas exécutoires. Le chef caquiste a le mérite d'être honnête. Reste qu'il est navrant de voir que l'expertise indépendante l'intéresse si peu, surtout quand des milliards sont en jeu.

Mais pour l'instant, la CAQ a plusieurs projets sur sa table. Il ne reste plus qu'à les peaufiner.

Image fournie par la CAQ

Plan de décongestion de la CAQ

Les principales propositions de la CAQ 

• Tronçon du Réseau express métropolitain (REM) (du Dix30 jusqu'à Chambly)

• Ajout d'un tronçon du REM vers la 440, et étude d'un tronçon le long de l'autoroute 440 à Laval

• Tramway dans l'Est (de la station Berri jusqu'à la gare Pointe-aux-Trembles)

• Tramway sur la Rive-Sud (de la station Longueuil jusqu'au Dix30)

• Une nouvelle route (« boulevard urbain ») pour relier les autoroutes 13 et 50

• Un élargissement de l'autoroute 30

• Voies réservées sur les autoroutes 13, 15, 25, 440 et 640