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Prime à l'incompétence

Yves Bolduc n'est pas victime de son départ.... (Photo Patrice Laroche, archives Le Soleil)

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Yves Bolduc n'est pas victime de son départ. Il a été congédié, et avec raison. Il a ensuite choisi de démissionner de son poste de député.

Photo Patrice Laroche, archives Le Soleil

Il aura été gourmand jusqu'à la fin. Yves Bolduc quitte l'Assemblée nationale avec l'intention de réclamer son indemnité de départ d'environ 155 000$.

C'est son droit. Tout comme c'était son droit de ne rembourser que le strict minimum de sa prime controversée de 215 000$, une prime empochée pour avoir pris en charge des patients dont il ne pouvait pourtant pas assurer le suivi comme médecin. Le manque de jugement n'est pas illégal.

Le premier ministre Couillard a exhorté hier M. Bolduc à être «plus que sensible» à l'humeur massacrante du peuple.

Les élus gagnent un salaire plutôt modeste pour leur charge de travail, et, après leur départ, ils peinent parfois à se trouver un emploi. L'allocation de transition avait donc été conçue pour attirer les meilleurs talents en politique québécoise. Mais M. Bolduc devrait y renoncer pour trois raisons.

D'abord, l'ex-ministre de l'Éducation n'aura aucune difficulté à trouver du travail. Il retourne à la médecine de famille, un métier bien payé où la clientèle ne manque pas.

Ensuite, l'ex-ministre n'est pas victime de son départ. Il a été congédié, et avec raison. Il a ensuite choisi de démissionner de son poste de député. Après avoir demandé sa tête, il est difficile de lui reprocher son départ. Mais il est responsable, et non victime, de son sort. Ce qu'il réclame, c'est une prime à l'incompétence.

Enfin, l'indemnité de départ pour les démissionnaires est devenue illégitime. En novembre 2013, un rapport indépendant commandé par Québec proposait de revoir la rémunération des députés. Ses trois recommandations: abolir les indemnités pour démissionnaires, à moins qu'elles soient justifiées pour des raisons médicales; hausser de 17 000$ le salaire des députés, afin d'attirer les meilleurs talents et compenser la charge de travail qui augmente; et amaigrir en contrepartie le régime de retraite, pour que les élus y cotisent à hauteur de 43%, et non 21%. Le coût total de cette réforme était nul.

Tous les partis veulent maintenant abolir l'indemnité controversée. Le caquiste Christian Dubé et la péquiste Élaine Zakaïb y ont donc renoncé l'année dernière après leur départ, et ce, même si la loi n'a pas encore été changée. Alors qu'on annonce la dernière tournée, M. Bolduc a voulu se servir une dernière fois à la santé des contribuables.

M. Couillard a affirmé, hier, que cette pratique «doit cesser», mais c'est à lui d'appliquer le rapport. Il pourrait le faire en envoyant un message fort à la population: s'attaquer maintenant aux indemnités et au régime de retraite, et ne pas hausser le salaire des députés avant le retour à l'équilibre budgétaire ou les prochaines élections.

Les élus méritent d'être payés davantage, mais, en cette période de frugalité budgétaire, il est temps de prêcher par l'exemple.




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