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L'arme fantôme

La technologie qui propulse les drones armés n'est pas... (PHOTO KIRSTY WIGGLESWORTH, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS)

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La technologie qui propulse les drones armés n'est pas intrinsèquement mauvaise, rappelle notre éditorialiste.

PHOTO KIRSTY WIGGLESWORTH, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Les choses sans visage inquiètent. C'est le cas des drones armés, ces fantômes que le gouvernement Harper veut utiliser d'ici à 2021, selon sa nouvelle politique d'achat militaire. Mais cette décision ne devrait pas être controversée.

Michael Walzer, célèbre théoricien de la guerre juste, établit une distinction entre deux questions éthiques: le motif pour entrer en guerre et les moyens employés pour combattre. On pourrait faire une distinction parallèle avec les armes: leur nature et la façon dont on les utilise.

Le cas le plus extrême, la bombe atomique, vise l'annihilation. On peut s'opposer à cette arme, peu importe le contexte. Ce n'est pas le cas du drone.

Le Canada a déjà loué des drones non armés pour faire de la surveillance en Afghanistan. Ces avions sans pilote peuvent voler à haute altitude pendant de très longues heures. Au lieu de fournir un polaroid de la cible, ils permettent de dégager des patterns. Ces atouts sont aussi utiles pour le combat. Par exemple, un drone peut frapper plus facilement dans un territoire enclavé ou protégé sans qu'un pilote risque sa vie.

L'achat de drones ne constitue pas une rupture dans le type d'opération militaire canadienne. Un drone n'est pas plus offensif qu'un avion-chasseur, et on ignore de toute façon dans quelle mission le Canada s'engagera dans les années 2020.

L'achat de drones ne constitue pas non plus une rupture dans les moyens employés. Lors de la guerre du Kosovo, les avions-chasseurs de l'OTAN larguaient des bombes à 15 000 pi d'altitude. Les drones marquent donc la poursuite d'un processus entamé depuis longtemps par différentes armées, qui consiste à mener les attaques à distance.

Enfin, rien ne permet pour l'instant de conclure que l'achat de drones implique une hausse du budget militaire, rappelle Philippe Lagassé, politologue à l'Université d'Ottawa, qui a siégé au comité de remplacement des F18.

***

Ceux qui critiquent l'achat de drones font une association injustifiée avec le programme controversé d'assassinats ciblés de terroristes des États-Unis. Un récent rapport bipartite mené avec d'ex-officiers de haut rang de la CIA et du Pentagone dénonce ces exécutions extrajudiciaires, qui risquent, selon les auteurs, de mener à une guerre perpétuelle.

La raison: le programme est opaque et ses critères sont nébuleux. La cible doit poser une «menace imminente» et être impossible à capturer, deux conditions définies de façon très arbitraire. En outre, les drones incitent les forces américaines à frapper hors du champ de bataille, avec une précision moins chirurgicale qu'on le prétend. Quelques milliers de civils sont ainsi morts dans la dernière décennie.

Ces questions sont préoccupantes, mais rien de tout cela n'est lié à la nouvelle politique d'achat canadienne. Il s'agit simplement de profiter d'une avancée technologique appelée à modifier autant l'art de la guerre que le commerce. Cette technologie n'est pas intrinsèquement mauvaise.




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