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Économie : stop, ou encore?

Que s'est-il passé? Comment «le parti de l'économie» a-t-il pu perdre ce titre... (PHOTO THINKSTOCK)

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Que s'est-il passé? Comment «le parti de l'économie» a-t-il pu perdre ce titre aux mains d'une équipe qui n'a jamais gouverné? Comment le PLQ a-t-il pu se faire dépasser par la CAQ au moment où l'économie va si bien?

C'est la question que posent les professeurs de l'Université Laval François Pétry et Lisa Birch dans leur livre Bilan des réalisations du gouvernement Couillard, qui conclut à des promesses «largement tenues» et à une performance économique se comparant «très favorablement» aux gouvernements passés.

Et pourtant, malgré les applaudissements et les indicateurs au vert, le Parti libéral traîne beaucoup de la patte chez les francophones par rapport à la Coalition avenir Québec.

D'où la question : que s'est-il passé pour qu'un bilan positif se traduise en aussi peu d'intentions de vote? «Les électeurs, demandent les universitaires, ne devraient-ils pas récompenser rétrospectivement le gouvernement libéral pour sa bonne performance en lui accordant un soutien ferme?»

La réponse est multiple. Le PLQ est allé vite et trop fort. Il n'a jamais reconnu l'existence de sacrifices de la population, se limitant à un «tout va bien» qui jurait avec la réalité. Et surtout, le péril dont il a «sauvé le Québec», comme dit Philippe Couillard avec grandiloquence, avait beau être réel, les citoyens ne le ressentaient pas nécessairement.

Résultat : chaque fois que les libéraux vantent leur bilan économique, les électeurs entendent «austérité économique». Chaque fois qu'ils voient le premier ministre minimiser les sacrifices qui ont été nécessaires, ils perçoivent un manque de compassion plutôt qu'une preuvede bonne gestion.

Or si l'on se souvient spontanément des conséquences négatives du mandat, on oublie les gestes nécessaires qui ont été posés, les promesses réalisées et les impacts bénéfiques dont le Québec profite aujourd'hui.

On oublie aussi qu'en 2014, le PLQ a été élu avec une plateforme qui promettait bel et bien «un contrôle rigoureux des dépenses» de l'État. On oublie que tous les partis (sauf QS) s'étaient engagés à atteindre le déficit zéro. On oublie, autrement dit, que c'était un mal nécessaire aux yeux de bien du monde, tant la situation qui prévalait alors n'était pas belle à voir : dépenses incontrôlées, déficits budgétaires à répétition, lourde dette, etc.

Pas pour rien que les sondages concluaient que la principale préoccupation des Québécois à l'époque, c'était l'économie, suivie des finances publiques.

Quatre ans plus tard, le Québec est qualifié de «powerhouse» dans les journaux du Canada anglais. Son taux de croissance rivalise ou dépasse celui des autres provinces. Son taux de chômage atteint un plancher record. Ses citoyens profitent d'un pouvoir d'achat en hausse. Et les 250 000 emplois promis dans l'hilarité générale il y a quatre ans... se sont matérialisés.

Libres aux électeurs de juger ce qui est véritablement attribuable au gouvernement. Libres à eux aussi de jauger les gains (réels) et les pertes (importantes) des quatre dernières années.

Mais voilà le contexte à partir duquel évaluer les plateformes politiques en développement économique, surtout ceux des partis susceptibles de prendre le pouvoir.

Sur ce plan, le PLQ et la CAQ ne sont pas si loin idéologiquement, convenons-en, mais ils approchent l'enjeu fort différemment.

Le Parti libéral est dans la continuité. Il veut poursuivre dans la voie (expansionniste) des deux dernières années. Son programme manque d'originalité, mais il est ancré dans le réel avec des réponses à la pénurie de main-d'oeuvre et à l'incertitude crée par l'imprévisible Donald Trump : aide financière pour contrer la guerre tarifaire, appui aux villes et aux entreprises pour accueillir les immigrants, ajustement de la formation professionnelle, etc.

Petit train va loin, bref. Une approche qui a le potentiel de rassurer, sans éclat ni feux d'artifice.

La CAQ, pour sa part, sort des sentiers battus en misant presque tout sur une refonte d'Investissement Québec. Une refonte originale qui donnerait énormément de pouvoir à cet organisme : nouvelle mission régionale, démarchage d'investissements ici et ailleurs, lien avec l'ensemble des ministères, aide au brevetage à l'étranger, etc.

Investissement Québec deviendrait ainsi un énorme guichet unique pour les entrepreneurs, une idée intéressante qui pourrait marcher... ou pas. Qui pourrait rapporter, ou pas. Et c'est là où le bât blesse : la CAQ met tous ses oeufs dans le même panier.

Il est donc incontestable que la CAQ représente un véritable changement, avec ce que cela comporte de fraîcheur, mais aussi de risques et d'imprévisibilité (nous aurions aimé en savoir plus, mais François Legault est malheureusement le seul chef à avoir refusé de participer aux rencontres éditoriales de La Presse).

Quant au Parti québécois et à Québec solidaire, ils incarnent également le changement, chacun à sa façon. La plateforme du PQ mise sur un Québec passablement tourné vers lui-même, avec appui aux PME et à l'achat local. Il propose aussi une révision du mandat d'Investissement Québec, une «taxe glouton» imposée aux salaires des chefs d'entreprise et une curieuse réorientation de la mission du Fonds des générations.

QS maintient pour sa part son opposition dogmatique aux accords de libre-échange et sa volonté de nationaliser une partie de l'économie du Québec, avec en prime des hausses majeures des taux d'imposition pour les grandes sociétés et les particuliers aux revenus plus élevés. L'irréalisme du cadre financier et les milliards que les troupes de Manon Massé affirment pouvoir ainsi récolter donnent une idée de la fuite des capitaux (et des Québécois) qui se produirait...

Bref, si l'on s'en tient aux deux meneurs dans les sondages, la question se résume ainsi : stop, ou encore? Les électeurs préfèrent-ils une recette libérale prévisible qui a fait ses preuves en économie, ou une nouvelle formule caquiste non éprouvée?




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