En plus d'être populiste, démagogue et raciste, le parti de François Legault serait aussi misogyne, si l'on en croit le ministre Pierre Moreau.

Publié le 24 mars 2018
François Cardinal LA PRESSE

Comment dire ? Trop, c'est comme pas assez ?

Les formations d'opposition ont peut-être « soufflé sur les braises de l'intolérance » dans le passé, mais le Parti libéral, lui, souffle dangereusement sur les braises de la polarisation ces temps-ci.

Le premier ministre et les membres de son cabinet jouent en effet avec les mots et les insultes comme autant de grenades balancées dans le débat public... pour ensuite rejeter la faute sur leurs rivaux.

Après le « nationalisme ethnique » de Carlos Leitão et l'exploitation du « ressac anti-immigration » de Philippe Couillard, au tour du ministre Moreau d'accuser la CAQ d'« incliner vers la misogynie ». Et ce, simplement parce qu'elle a posé des questions sur la compétence d'une haute-fonctionnaire...

Résultat : le parti qui se prétend le moins polarisant est devenu celui qui polarise le plus ! Faut le faire.

Quand on regarde froidement l'actualité des derniers mois, force est en effet de constater que la CAQ a pris ses distances avec la démagogie identitaire, comme le PQ d'ailleurs. François Legault répond certes aux attaques sur son test de valeurs, mais il n'en fait plus un argument de vente électorale. Quant à ses positions « contre les femmes », on cherche encore...

Bien sûr, on peut être en désaccord avec l'idée même d'un « test de valeurs ». On peut trouver détestable qu'un parti menace d'expulsion ceux qui échouent à une telle chose. On peut même trouver cela profondément populiste et démagogue, étant donné que le Québec n'a pas ce pouvoir d'expulsion.

Mais du racisme ? De la xénophobie ? Non. Encore moins du nationalisme ethnique.

Oui, la CAQ est le parti le plus populiste au Québec. C'est celui qui courtise l'« homme blanc en colère ». C'est celui qui est allé le plus loin pour faire écho à la méfiance des électeurs à l'endroit des immigrants. Rappelons-nous sa publicité aussi ordurière que mensongère qui prétendait que MM. Couillard et Lisée étaient « en faveur du tchador pour les enseignantes dans nos écoles »...

Rien de glorieux dans ce dérapage puant de la CAQ. Mais soyons honnêtes : en faire un parti d'extrême-droite qui flirte avec le Front national est caricatural.

Le ton du débat public a certes changé au Québec, et pas pour le mieux. Mais disons-le, il n'y a pas de parti radical à l'Assemblée nationale. Pas de formation raciste ou xénophobe.

En fait, le Québec politique n'est pas extrême. Pour l'instant. Il ne faudrait donc pas l'y amener en lui faisant croire qu'il l'est...

Oui, bien sûr, la CAQ veut réduire les seuils d'immigration, mais quoi qu'on pense de cette idée saugrenue en période de plein emploi, elle n'est pas pour autant « hostile » aux immigrants. Elle n'est pas xénophobe. Et elle ne prône pas le nationalisme ethnique, une étiquette qui sent mauvais qu'aucun ministre libéral n'a d'ailleurs osé répéter.

Si le parti de Philippe Couillard veut se sortir du trou dans lequel le placent les sondages, qu'il arrête donc de creuser ! Qu'il cesse de polariser et d'instrumentaliser ces enjeux explosifs. Qu'il défende plutôt son bilan, généralement bon. Qu'il mise sur une campagne positive à la Valérie Plante ou à la Emmanuel Macron.

Bref, qu'il mette son énergie à convaincre les électeurs qu'il mérite de garder le pouvoir plutôt que de tenter de les inciter à fuir ses adversaires.

Ce n'est certainement pas en remplaçant l'épouvantail référendaire par l'épouvantail identitaire que le Parti libéral montera dans les sondages.

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