Si on avait à tracer un fil conducteur entre les différentes activités du 375e anniversaire de Montréal, il serait fait de lumière.

Les célébrations qui s'achèvent auront beau avoir tablé sur une offre d'une riche diversité, misant à la fois sur le théâtre, le sport, la musique et l'histoire, reste qu'on aura fêté les 375 ans de la ville sous le signe de la lumière. 

Une lumière dont aura grandement profité Montréal tout au long de l'année... au propre comme au figuré. 

Il faut se souvenir du contexte qui a précédé le déclenchement des célébrations. Au moment où l'on a commencé à préparer l'événement, un nuage noir assombrissait la métropole. L'ambiance était morose. Le dynamisme, inexistant. Et la fierté était au plus bas. 

On peut bien trouver étrange de fêter le 375e anniversaire d'une ville, les commémorations venaient alors à point nommé, convenons-en. Elles devenaient une célébration obligée, en quelque sorte. Une occasion de chasser la grisaille persistante. 

Et en ce sens, malgré le mauvais temps et les échéances très serrées, les festivités auront été un grand succès, surtout quand on pense aux événements très courus comme les Géants et Montréal symphonique.

Tout cela a ramené en ville un peu de légèreté, du plaisir, de la gaieté... de la lumière, en fait. Et parallèlement, de manière beaucoup plus concrète, Montréal aura profité d'une véritable mise en lumière grâce au travail de ses talentueux artisans de l'éclairage, qui ont su mettre la métropole en valeur pour ses 375 ans.

Pensons, en tout premier lieu, à l'imposante signature lumineuse du pont Jacques-Cartier, un véritable trait de génie dont on peut profiter à des kilomètres à la ronde. Point d'orgue de l'illumination d'icônes montréalaises (comme la Place Ville-Marie et la tour du Stade olympique), ce projet qu'on verra dans le ciel montréalais pour au moins 10 ans aura réussi à donner une tout autre allure à la silhouette de la ville. 

Et cela est encore plus frappant de la Rive-Sud, lorsqu'on aperçoit en droite ligne avec le pont tous ces projecteurs qui soulignent également les qualités architecturales de la Biosphère de l'île Sainte-Hélène. Un chef-d'oeuvre comme on en possède peu, qui disparaissait pourtant à la tombée du jour avant qu'on décide de l'éclairer d'aussi belle façon. 

Quand on sait que la lumière fait aujourd'hui partie de la ville du XXIe siècle au même titre que la brique, le verre et les vieilles pierres, on peut se féliciter d'avoir profité du 375e anniversaire pour s'offrir ces legs majestueux, conçus par des entreprises québécoises de surcroît. 

Cela dit, la lumière était tout aussi présente dans les célébrations comme telles, et ce, depuis les feux d'artifice du 1er janvier dernier.

Il y a eu le spectacle multimédia Avudo, qui projetait l'histoire de la ville sur des murs d'eau en mouvement. Il y a eu Aurores montréales, oeuvre de Marc Séguin composée de films et de poèmes projetés sur les arbres du mont Royal. 

Et dans le Vieux-Montréal, il y a toujours AURA, ce jeu de lumière époustouflant qui met en valeur le patrimoine de la basilique Notre-Dame, ainsi que le magnifique parcours historique Cité Mémoire, qui nous présente de truculents personnages de Montréal sous forme de tableaux projetés sur les murs de la vieille ville. 

Ce bain de lumière aura donc permis de redécouvrir la métropole, de la mettre en valeur, de rappeler à notre mémoire son histoire et ses grandes qualités. Et elle aura, du coup, renforcé le sentiment de fierté des Montréalais pour leur ville. Précisément le mandat que s'était donné la Société des célébrations du 375e anniversaire.