Les prétextes habituels ne tiennent pas, cette fois.

La campagne électorale a été intéressante à Montréal. D'importants enjeux ont fait débat. Les candidats sont nombreux, se distinguent clairement, présentent tous des faiblesses certes, mais aussi de grandes forces.

Aucune de ces raisons ne peut donc être évoquée par les électeurs habitués de passer leur tour, demain. Ils doivent exercer leur droit de vote... de grâce.

N'ayons pas peur des mots, cette élection est historique.

Historique parce que Montréal est à un moment charnière entre le creux des années 2000 et l'élan que pourraient lui donner les célébrations de 2017, à condition bien sûr que ces dernières soient menées rondement comme l'ont été les fêtes du 400e à Québec.

Historique parce que les décisions prises au cours des prochaines années seront cruciales pour l'avenir de la métropole au moment où tant d'importants chantiers s'apprêtent à lever, où les enjeux de mobilité prennent une place considérable, où des enjeux aussi délicats que la Charte des valeurs, les péages et la diversification des revenus de Montréal seront débattus.

Historique parce que le gouvernement à Québec se dit prêt à accorder plus de marge de manoeuvre à la prochaine administration, si tant est qu'elle réussisse à asseoir sa crédibilité en menant à terme le ménage qui s'impose à l'hôtel de ville.

La légitimité du prochain maire, qui se gagne par le nombre d'appuis, mais aussi le nombre d'électeurs qui ont pris la peine de se déplacer, sera donc primordiale.

Rappelons que le maire Gérald Tremblay, malgré plusieurs réussites à son actif, affiche un terrible échec dans son bilan: celui d'avoir coupé les ponts entre la métropole et le gouvernement.

L'homme qui promettait un nouveau pacte fiscal de 3 milliards$ a non seulement failli à ce chapitre, il a perdu la confiance du conseil des ministres en cours de route après avoir exigé à répétition des pouvoirs habilitants... qu'il n'a pas utilisés.

Aucun ministre n'a voulu prendre la défense de Montréal par la suite. Puis ce fut la descente aux enfers avec les multiples révélations sur les piliers de l'ancienne administration, le départ dans la disgrâce non pas d'un mais de deux maires et l'élection d'une première puis d'une seconde administration temporaire.

Du coup, c'est l'influence, la crédibilité et l'autorité de Montréal qui ont disparu, comme l'ont confirmé tous ces dossiers pilotés depuis Québec et Ottawa, par-dessus l'épaule des administrations Applebaum et Blanchard.

Aujourd'hui, le PLQ promet plus de pouvoirs à Montréal. Et le gouvernement du PQ tergiverse, resserrant sa poigne sur Montréal, mais laissant entendre qu'un nouveau maire fort de sa légitimité pourrait jouir de plus de latitude.

Québec a pris la fâcheuse habitude de prendre des décisions pour Montréal à la place de Montréal, profitant du vacuum de leadership, du peu d'importance accordé au municipal par les citoyens et de l'apathie des électeurs.

En votant demain, les Montréalais voteront d'abord et avant tout pour Montréal.