Nous vous présentons aujourd'hui le premier de deux éditoriaux sur le transport collectif dans la région métropolitaine.La consultation publique sur le financement du transport en commun dans le Grand Montréal s'est terminée hier soir. Au coeur des audiences, une question: qui doit payer pour le développement futur du réseau de train, de métro et d'autobus dans la région?

Bien qu'il manque encore des éléments pour mener cette réflexion à terme, une chose est sûre: elle arrive à point nommé. Il y aura, au cours des prochaines années, une succession de changements démographiques, de projets et de travaux qui exercera une pression sans précédent sur le réseau routier... et sur les finances des municipalités.

Au cours des 20 prochaines années, en effet, le Grand Montréal accueillera un demi-million de nouveaux résidants et créera 150 000 nouveaux emplois. Parallèlement, les projets de réfection, d'entretien et de prolongements routiers se multiplieront à grande vitesse, ce qui obligera un nombre toujours plus grand de navetteurs à contourner un nombre toujours plus grand de cônes orange...

D'où l'importance de retenir les usagers dans le transport collectif et surtout, d'offrir un plan B aux automobilistes qui souhaitent éviter d'être coincés. En l'absence de solutions alternatives, ce seront ces derniers qui en payeront le prix...

Le problème, c'est que le réseau de transport en commun est déjà saturé en période de pointe. La demande croissante des dernières années dans la région a réduit à néant l'espace libre dans le métro, les trains et les bus.

Une augmentation de l'offre est donc inévitable. Les villes de la CMM souhaitent ainsi développer le réseau avec une série de projets en cours (nouvelles voitures de métro, Train de l'Est, SRB Pie-IX) et à venir (prolongements de métro, train léger sur Champlain, tramway, Train de l'Ouest, voies réservées).

Total de la facture: 23 milliards.

Voilà ce qui accroît la pression sur les finances des villes. Dans le contexte actuel, de tels investissements se traduiraient par un manque à gagner de 620 millions par année, ce qui oblige les municipalités, donc, à se tourner vers le gouvernement, les automobilistes et les usagers.

Fort bien. Mais ces mêmes municipalités ont sauté une étape cruciale: raffiner leur longue liste d'épicerie qui, en plus de ne contenir ni priorité ni échéancier, est tout à fait arbitraire. Or il faut une bonne dose de culot pour demander à tout le monde de payer sans avoir préalablement précisé ses besoins!

Est-il raisonnable, par exemple, d'inclure dans la liste trois prolongements de métro? Faudra-t-il allonger la facture pour y ajouter une navette vers l'aéroport? Pourquoi y inclut-on un tramway, mais pas de SRB (service rapide par bus) sur Henri-Bourassa?

Dans quelques mois, suite à la consultation des derniers jours, la CMM recommandera de piger dans les poches des uns et des autres. Si elle veut être prise au sérieux, elle aurait intérêt, d'ici là, à clarifier ses demandes.

Demain: Quelles sources de financement privilégier?