Obligés de réfléchir à l'avenir de leur territoire, les élus de la Rive-Sud n'ont eu d'autres choix que d'ausculter le boulevard Taschereau ces derniers mois. Leur diagnostic: le patient est stable, mais «vulnérable».

Obligés de réfléchir à l'avenir de leur territoire, les élus de la Rive-Sud n'ont eu d'autres choix que d'ausculter le boulevard Taschereau ces derniers mois. Leur diagnostic: le patient est stable, mais «vulnérable».

Que voilà un bel euphémisme pour parler de la plus hideuse artère de la province, un axe dont le développement anarchique a poussé les commerçants à rivaliser d'horreurs et de monstruosités pour tenter de se démarquer! Un phénomène, hélas, qui s'est accentué depuis l'avènement du complexe DIX30, qui a ravi au boulevard ses plus importants fleurons.

La bonne nouvelle, c'est que l'agglomération de Longueuil entend profiter de l'adoption du schéma d'aménagement de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), prévue ce matin, pour offrir au boulevard un nécessaire lifting. La mauvaise, c'est qu'elle n'entend lui offrir qu'un lifting, justement.

C'est à une véritable opération à coeur ouvert qu'il faut procéder si on souhaite garder le patient en vie!

Il est plus que temps d'intervenir pour sauver cet axe majeur qui traverse la Rive-Sud de part en part, une artère qui, encore aujourd'hui, structure et définit l'agglomération.

Cela dit, que faire avec un boulevard aussi mal en point? Le transformer, comme le proposent certains urbanistes, en une artère à échelle humaine où il ferait bon marcher et pédaler? Utopique!

On parle ici d'une voie de circulation majeure qui fait le lien entre le pont Jacques-Cartier et l'autoroute 10 notamment, un boulevard qui attire des consommateurs motorisés qui ont souvent besoin de leur coffre d'auto pour faire leurs emplettes. Tenter de reproduire la rue Saint-Charles, comme dans le Vieux-Longueuil, reviendrait à lui retrancher ses seuls mérites: accessibilité et rapidité.

Il importe donc de maintenir ce rôle d'axe routier majeur, mais de broder autour pour en faire un boulevard plus attrayant, une artère aux fonctions urbaines plus diversifiées avec bureaux, institutions et même, habitations.

Pour ce faire, il faut jouer à la fois sur le transport et l'aménagement. Il serait possible, par exemple, d'implanter un système de transport en commun intermédiaire (du type système léger sur rail) et de mieux séparer la circulation de transit et la circulation locale. Ce que permettrait facilement l'énorme emprise publique du boulevard (plus de 50 mètres!).

On se retrouverait ainsi avec des voies centrales rapides côtoyant un moyen de transport efficace (en lien avec le pont Champlain ou le métro de Longueuil, par exemple). Puis, de chaque côté, des voies latérales plus étroites, bordées de trottoirs, pour desservir directement les commerces.

À plus long terme, il serait même possible d'aller plus loin, en rapprochant les façades de la rue et en plaçant les stationnements à l'arrière des commerces.

Le chantier serait bien évidemment majeur, mais il serait tout aussi opportun dans un contexte d'étalement urbain où la priorité est à la consolidation des zones déjà urbanisées... aussi laides soient-elles.