Les voitures ne volent pas encore, mais 2011 sera néanmoins l'année où l'industrie automobile mettra la roue dans le XXIe siècle. Enfin!

Les voitures ne volent pas encore, mais 2011 sera néanmoins l'année où l'industrie automobile mettra la roue dans le XXIe siècle. Enfin!

Le monopole de l'auto thermique, qui se prolonge depuis trop longtemps, ne tire évidemment pas à sa fin. Mais il sera dorénavant contesté, avec l'arrivée sur le marché des premières voitures grand public propulsées principalement par l'électricité.

On a bien eu par le passé certaines autos hybrides, mais celles-ci étaient alimentées par un moteur à essence, auquel on avait couplé un moteur électrique. En revanche, ce que les constructeurs ont dévoilé à Las Vegas la semaine dernière, à Detroit cette semaine et à Montréal hier, ce sont de nouveaux modèles électriques et rechargeables, dont certains sont assistés d'un moteur à explosion.

La Volt de GM par exemple, qui n'en finit plus d'être nommée «auto de l'année», offre une autonomie de quelque 60 km sans qu'une seule goutte d'essence ne soit brûlée. Une fois la batterie à plat, un moteur à combustion offre 500 km additionnels.

Plus encore, la Leaf de Nissan n'est propulsée que par l'électron, tout comme la Fusion électrique de Ford. Même chose, soit dit en passant, pour la BlueCar de Bolloré, qui sera utilisée dans le réseau d'autos en libre-service Autolib' que Paris compte déployer cette année.

On a certes eu, depuis 2000, des prototypes et des modèles vendus au compte-gouttes, mais jamais les fabricants n'en ont commercialisé pour monsieur et madame Tout-le-Monde. Ce qui fera de 2011 l'an 1 de la voiture sans émission.

Cela ne signifie pas que les consommateurs se rueront chez le concessionnaire. À court terme, l'auto verte risque en effet de demeurer un marché de niche, malgré un prix à la pompe qui dépasse les 1,20$. Quelques consommateurs tenteront la nouveauté. Communauto offrira des Leaf. Hydro-Québec intégrera des Volt à son parc.

Mais il faudra attendre que le coût des voitures baisse, qu'un réseau de bornes de recharge voie le jour, que le scepticisme recule et que le prix de l'essence grimpe de manière importante avant qu'un réel virage ne s'impose... Ce qui devrait prendre moins de temps qu'on le croit.

La Chine, en effet, souffle dans le cou des constructeurs occidentaux en tentant, avec beaucoup d'agressivité, de se positionner dans ce marché prometteur. Pas surprenant que Renault montre du doigt Pékin dans cette histoire d'espionnage industriel qui secoue sa division électrique...

Avec ses 300 entreprises dans le domaine, la Chine compte bien se faufiler en profitant des maladresses des grands constructeurs, qui ont fait montre d'une panne d'innovation affligeante et d'une bien piètre anticipation du marché au cours de la dernière décennie.

En ayant l'imprimatur des autorités chinoises pour s'attaquer au marché local, le plus important au monde, ces entreprises aux dents longues auront d'autant plus de facilité à s'imposer partout sur la planète.

On ne parlera alors plus d'un virage, mais bien d'une révolution.