Les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame attirent plus de 10 millions de visiteurs par année. Du moins, c'est ce qu'on peut lire dans les brochures de la Société du parc Jean-Drapeau.

Les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame attirent plus de 10 millions de visiteurs par année. Du moins, c'est ce qu'on peut lire dans les brochures de la Société du parc Jean-Drapeau.

Mais retirez tous ceux qui ne sont pas vraiment «attirés» par les îles, les six millions de joueurs du casino, les milliers de spectateurs des courses automobiles et les habitués de la Ronde, et il ne vous reste plus grand-monde...

Ce qui est tout de même assez incroyable! Le mont Royal est capable d'attirer deux millions de personnes chaque année sans NASCAR ni Piknic Electronik, mais deux magnifiques îles situées à un jet de pierre du centre-ville ne peuvent en faire autant.

Il y a toutefois une lueur d'espoir. Avec la nomination de Normand Legault à la tête de la Société, l'élaboration en cours d'un nouveau plan directeur et les investissements attendus en vue des festivités de 2017 (375e anniversaire de Montréal et 50e d'Expo), il y a alignement des astres pour que l'on trouve enfin une vocation à ce lieu au potentiel inexploité.

Que faire de l'ancienne Terre des Hommes? Une Terre des sports, rien de moins.

Non seulement il y a là un clin d'oeil à l'histoire des îles, qui ont accueilli le Montreal Swimming Club à partir de 1877 en plus d'offrir une plage dès 1937, il y a aussi une pertinence toute contemporaine à ce choix: les infrastructures récréatives existent déjà.

On retrouve en effet un circuit de course automobile, un complexe aquatique d'envergure, un bassin olympique, des pistes cyclables ainsi qu'une plage et des terrains de volley-ball.

On pourrait, à peu de frais, bonifier cela en ramenant les activités disparues avec le temps: un mur d'escalade, une école de voile, une boutique de location de patins, des sentiers tracés de ski de fond. Puis on pourrait ajouter un lieu de pratique du vélo de montagne, un endroit d'où les kayakistes de mer pourraient s'élancer, un skate-park d'envergure, etc.

Bref, il faudrait augmenter l'offre, mais il faudrait, aussi, s'assurer de réduire les irritants à la pratique du sport: les parcomètres, les bornes de ralentissement imposées aux cyclistes sur le circuit Gilles-Villeneuve, les estrades laissées sur le site entre les courses, la clôture qui barre le passage vers la Rive-Sud dès la mi-novembre, etc.

Un tel «branding», en plus de s'imposer tout naturellement, aurait le mérite de permettre de conserver sur place les spectacles en plein air, puisque ces derniers se marient bien avec l'idée d'un site récréatif, en plus de ne poser aucun obstacle réel aux activités de plein air.

Déjà, si l'on exclut le Casino et la Ronde, plus de 40% des visiteurs du parc s'y rendent pour des activités reliées au sport. Ne reste donc qu'à mettre en valeur le fort potentiel de cet immense terrain de jeux avec des investissements ciblés pour en faire un pôle d'activités physiques d'envergure nationale.

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