On se calme. On respire par le nez, maintenant que le BAPE sur le gaz de schiste est lancé. Et on met de côté les critiques et les reproches au profit des questions et des mémoires.

On se calme. On respire par le nez, maintenant que le BAPE sur le gaz de schiste est lancé. Et on met de côté les critiques et les reproches au profit des questions et des mémoires.

La campagne de propagande de l'Association pétrolière et gazière aura au moins eu cela de bon: elle aura permis aux citoyens d'exprimer publiquement toute la méfiance et l'agressivité que leur inspirent les décideurs.

Elle aura ainsi obligé l'industrie à refaire ses devoirs et le gouvernement, à questionner son propre enthousiasme, comme le prouve le resserrement des conditions d'exploration annoncé hier.

Bref, les admonestations récentes ont, pour l'instant, atteint leur but. Il est maintenant temps de mettre en veilleuse les attaques et les injures, de redonner au débat une certaine sérénité, afin de ne pas miner la crédibilité des audiences du BAPE, qui, jusqu'à preuve du contraire, possède l'expertise et le professionnalisme qu'exige son mandat.

Quatre mois ne suffiront pas? Fort possible, mais laissons les commissaires en venir à cette conclusion. Non seulement peuvent-ils transformer leur rapport en avertissement, ils ont aussi le devoir d'exiger que l'échéance soit prorogée s'ils constatent que les modalités de leur mandat portent atteinte à leur crédibilité ou à celle de l'organisme.

C'est ainsi que les audiences portant sur Rabaska et Cacouna ont été prolongées en cours de mandat, ces dernières années: le premier en raison du nombre élevé de mémoires, le second, parce que le promoteur avait modifié son projet.

Les audiences entamées, nous ne pouvons que faire confiance au BAPE qui, comme l'a souligné avec justesse l'ancien vice-président Michel Yergeau hier, «n'est pas servile».

On peut bien critiquer certains de ses rapports récents, mais ne perdons pas de vue qu'aucune autre institution n'aurait pu examiner la question du gaz de schiste avec autant d'indépendance, de rigueur et de transparence.

Certes, le mandat accordé aurait pu être plus large, et nous aurions souhaité qu'il le soit. Tout comme nous croyons toujours nécessaire qu'un front supplémentaire soit ouvert sur la question des redevances. Une commission parlementaire, ou à tout le moins un comité indépendant mériterait de se pencher sur l'aspect économique de l'exploitation, afin d'en décharger le BAPE.

Devant l'intransigeance du gouvernement, il ne reste plus, maintenant, qu'à investir les autres forums potentiels, afin d'élargir la réflexion. L'Assemblée nationale, par exemple, étudie présentement deux projets de loi, l'un sur les mines, l'autre sur l'aménagement, dont les dispositions auront une incidence sur l'exploitation. Les représentations permettront donc de préciser, elles aussi, les détails d'un encadrement adéquat de l'industrie.

Si la population déploie autant d'énergie à participer à ces différents forums qu'elle l'a fait pour critiquer, elle pourra toujours après cela, si elle n'est pas satisfaite, ressortir les micros et les porte-voix.