Le Canada a beaucoup profité du Plan d'action économique au cours de la dernière année. Les conservateurs aussi...

Le Canada a beaucoup profité du Plan d'action économique au cours de la dernière année. Les conservateurs aussi...

Le programme de relance aura en effet permis la plus importante mise en chantier de l'histoire du pays, mais il aura aussi servi, avouons-le, de formidable campagne de promotion pour le parti au pouvoir.

En témoigne l'obligation faite aux bénéficiaires d'installer un panneau de promotion une semaine, tout au plus, après la réalisation d'un projet (5000 à ce jour, 4000 s'ajouteront!). En témoigne aussi le nombre effarant de communiqués diffusés presque quotidiennement par Ottawa pour annoncer ces investissements (jusqu'à cinq par jour!).

L'autopromotion, on s'entend, n'est pas un crime contre l'humanité. On pourrait même dire qu'elle fait partie des moeurs politiques depuis que le monde est monde. Mais dans le cas qui nous occupe, le problème est que le fédéral menace de couper les vivres aux retardataires... maintenant qu'il a tiré profit des projets qu'ils ont lancés.

Autrement dit, Ottawa compte s'enfuir comme un voleur, après avoir coupé les rubans de milliers de chantiers...

Difficile de voir la chose autrement, étant donné que tous les dossiers ont été déposés à temps, que tous les projets ont reçu l'approbation du fédéral, que tous les chantiers sont en cours et que tous les montants promis ont été budgétés.

Certes, le Plan d'action est une initiative ponctuelle qui répond à un contexte économique précis. Il est donc normal qu'il ait une durée fixe et une date butoir, le 31 mars 2011 pour les projets d'infrastructure.

Mais cela ne justifie pas que les villes, qui répondaient à une commande expresse d'Ottawa, se retrouvent avec une imposante facture sur les bras dès qu'un chantier prend du retard.

Une telle intransigeance de la part du gouvernement Harper, qui promet de financer seulement les projets «virtuellement terminés» (sic!), se justifie d'autant moins que la plupart des délais sont attribuables... au Plan d'action!

Lancer autant de chantiers en même temps, from coast to coast, ne peut en effet que surchauffer l'industrie de la construction, ce qui signifie une pénurie de main-d'oeuvre, des retards dans la livraison de matériaux et une hausse du prix exigé par les entrepreneurs.

Il faut ajouter à cela le contexte particulier au Québec, qui négocie chaque intrusion dans ses champs de juridiction. Les discussions entre les deux ordres de gouvernement n'ont ainsi abouti qu'en janvier dernier, soit plus tard que dans les autres provinces, ce qui a obligé les villes québécoises à couler leur ciment plus vite.

Voilà pourquoi de 20% à 30% des 1250 chantiers en cours au Québec pourraient prendre fin après la fameuse date butoir, une situation qui se traduirait par un manque à gagner d'environ 200 millions de dollars.

Personne n'exige un nouveau plan d'action, pas plus qu'une bonification des enveloppes promises. Seulement qu'Ottawa respecte l'esprit du plan d'action qu'il a tapissé à la grandeur du pays.