Montréal aime se présenter comme une métropole verte, une ville où les oiseaux gazouillent, où les citadins se déplacent en Bixi et où le mont Royal permet à tous de profiter d'un air d'une grande pureté.

Montréal aime se présenter comme une métropole verte, une ville où les oiseaux gazouillent, où les citadins se déplacent en Bixi et où le mont Royal permet à tous de profiter d'un air d'une grande pureté.

Mais ce Montréal bucolique, hélas, n'est que pensée magique, si l'on se fie aux palmarès publiés régulièrement à droite et à gauche.

Dernier en date, cette semaine, le classement international des écovilles de la firme Mercer, vers qui les multinationales se tournent avant de choisir où envoyer leurs employés dans le monde. Montrant du doigt la congestion et la pollution de l'air de Montréal, Mercer l'a relégué au 13e rang... ex aequo avec Pittsburgh.

Quelques semaines plus tôt, c'était la revue canadienne Corporate Knights qui plaçait Montréal au dernier rang de son palmarès des grandes villes durables, loin derrière Edmonton, Toronto et Ottawa. On précisait que l'«intégrité écologique» de la ville (qualité de l'air, consommation d'eau...) faisait piètre figure.

Ajoutons à cela diverses autres analyses récentes où Montréal se classe plus ou moins bien, comme ceux de l'Institut Pembina, de la Fondation Appleton et de différents médias comme Maclean's et Forbes.

Vrai, ces classements ont leurs limites. Preuve par un plus deux: Mercer estime que la toute première écoville au monde, devant Copenhague et Stockholm, est... Calgary!

Mais on aurait tort néanmoins de les balayer d'un revers de main. D'abord parce qu'ils profitent d'un rayonnement médiatique important, ensuite parce qu'ils sont utilisés par diverses entreprises au moment de la prise de décisions et enfin, parce qu'ils mettent souvent le doigt sur le bobo.

Au-delà du palmarès comme tel, il se trouve en effet une multitude de données intéressantes qui permettent de brosser un portrait juste des atouts, mais surtout des faiblesses d'une ville.

En regardant l'ensemble des statistiques des différents classements, on s'aperçoit ainsi que Montréal présente un bulletin très moyen, un peu comme l'élève qui compte d'excellentes notes en maths... mais qui coule ses autres matières.

Le prof lui décerne ainsi un A + pour le transport actif (marche, vélo, Bixi) et l'utilisation des transports collectifs, mais il lui inflige un E dans les autres cases du bulletin.

Prenons les espaces verts, par exemple. Non seulement Montréal ne possède pas de ceinture verte, comme Toronto, il affiche en outre un piètre bilan de protection du territoire, avec un taux de 5%, loin du 12% dont jouissent bien des villes. Si rien n'est fait, tous les bois de la métropole auront disparu d'ici 20 ans.

Montréal se compare tout aussi désavantageusement pour le traitement de l'eau (insuffisant), la qualité de l'air (smog), la consommation d'eau (décuplée par les fuites de canalisation), la quantité de déchets générés (et enfouis) et le nombre de véhicules immatriculés (en hausse depuis toujours).

Les palmarès, aussi approximatifs soient-ils, sont donc autant d'indices d'une situation qui n'est pas aussi rose qu'on le prétend, ni aussi verte.