La Ville est gérée comme un bar ouvert, les grands projets font du surplace et le Canadien est incapable de trouver le fond du filet des Flyers... Disons-le, les Montréalais ont le moral à terre par les temps qui courent.

La Ville est gérée comme un bar ouvert, les grands projets font du surplace et le Canadien est incapable de trouver le fond du filet des Flyers... Disons-le, les Montréalais ont le moral à terre par les temps qui courent.

Mais consolons-nous, tout ne va pas aussi mal que certaines manchettes le laissent croire, comme le prouve le classement de Montréal parmi les villes les plus accueillantes pour les événements d'affaires.

L'International Congress and Convention Association vient en effet de placer la métropole au premier rang des destinations de rencontres internationales en Amérique du Nord.

Ce n'est pas rien! Et pour s'en convaincre, rappelons-nous le contexte, il y a 10 ans, au moment de l'agrandissement du Palais des congrès. Les architectes, les ingénieurs et la SIQ se chicanaient, l'appel d'offre était sans cesse reporté, le tout dans un contexte où Montréal perdait des événements américains, faute de place.

Aujourd'hui, les investissements portent fruits. Non seulement le Palais accueille-t-il un nombre impressionnant d'événements internationaux, il est l'unique finaliste nord-américain pour le prix du meilleur centre de congrès au monde, que remettra l'Association internationale des palais de congrès en juillet prochain.

Pas surprenant, le bunker de l'époque est devenu la coqueluche des magazines d'architectures, son mur coloré a remplacé Habitat 67 dans bien des publications et il figure même dans l'ouvrage Les 1001 merveilles de l'architecture qu'il faut avoir vues dans sa vie (sic!) publié chez Flammarion.

Tout cela est doux au coeur du Montréalais...

En ces temps économiques plus difficiles où le tourisme d'agrément connaît des jours difficiles, on peut se réjouir que le secteur des congrès et des réunions soit, lui, à la hausse.

Mais on peut aussi, en ces temps de spleen social, politique et sportif, se féliciter de ce que cela dit sur notre ville. Montréal se classe bien en raison d'attraits qui vont de l'emplacement du Palais à la stratégie de Tourisme Montréal, en passant par son bilinguisme et la disponibilité des hôtels.

Mais plus encore, Montréal profite de son exotisme relatif. Les Européens perçoivent la ville comme une métropole nord-américaine vibrante, les Asiatiques, comme une oasis européenne proche de Toronto et les Américains, comme une destination exotique et bon marché, située à courte distance.

Ajoutons à cela la qualité exceptionnelle des restaurants pour une ville de cette taille, un centre-ville sécuritaire et grouillant à toute heure du jour, l'amabilité de ses résidants, la richesse naturelle de ses environs, etc.

Certes, la ville n'est pas parfaite, il reste bien des défis à relever pour l'élever au rang de véritable métropole, mais pour une fois qu'on reconnaît ses mérites à l'étranger, ne boudons pas notre plaisir...