La Société du parc Jean-Drapeau s'est fait rabrouer, l'an dernier, pour avoir chassé les cyclo-sportifs du circuit Gilles-Villeneuve, sans consultation ni préavis. Le maire Tremblay avait alors exigé que l'on trouve un compromis acceptable pour tout le monde.

La Société du parc Jean-Drapeau s'est fait rabrouer, l'an dernier, pour avoir chassé les cyclo-sportifs du circuit Gilles-Villeneuve, sans consultation ni préavis. Le maire Tremblay avait alors exigé que l'on trouve un compromis acceptable pour tout le monde.

Douze mois se sont écoulés depuis, mais aucune rencontre n'a été organisée, aucun comité de suivi n'a été mis sur pied, malgré la promesse faite en ce sens. Puis, la semaine dernière, la Société a convié les quatre organisations concernées afin d'annoncer les mesures qu'elle imposerait dorénavant, les mettant ainsi devant un fait accompli.

«On ne peut tout simplement pas faire l'unanimité», rétorque-t-on pour justifier l'absence de consultation. Ce qui est vrai. Mais entre l'unanimité et la discorde, il y a un monde que l'on sous-estime manifestement à la Société, celui du compromis.

Il y a manière, avec un peu d'imagination et de bonne volonté, d'éviter l'expulsion les des cyclo-sportifs, sans non plus leur donner toute la place. Le danger du circuit est un problème pour lequel plusieurs autres solutions existent.

Et celle de confiner ces athlètes à une plage horaire ridiculement contraignante, de 5h à 7h le matin, n'en est certainement pas une.

* * *

Quiconque a circulé sur le circuit Gilles-Villeneuve a connu un sentiment d'insécurité. On y retrouve des automobiles, des promeneurs, des patineurs et des poussettes, parmi lesquels zigzaguent des cyclistes de performance, parfois à des vitesses démentes.

Un ménage s'impose donc, afin d'assurer une meilleure cohabitation. Mais tout comme on n'exclut pas les cyclistes des routes pour les rendre plus sécuritaires, on n'interdit pas l'accès au circuit à un seul usager, encore moins lorsqu'il possède la force du nombre.

Les cyclistes de haut niveau, en effet, sont de plus en plus nombreux sur le circuit, comme ailleurs au Québec. Ils font partie d'une communauté d'athlètes amateurs de tous âges, appelée à croître de façon exponentielle au fur et à mesure que les baby-boomers prendront leur retraite.

Dans un tel contexte, ferons-nous subir au seul endroit où il est possible de rouler à bonne vitesse à Montréal le même sort qu'au vélodrome? Au moment, de surcroît, où les autorités cherchent désespérément des façons de convaincre la population de bouger?

Un terrain d'entente est nécessaire. Malgré ce qu'en dit la Société, dont l'absence de volonté est affligeante, les possibilités sont nombreuses: séparer en deux couloirs (rapide/lent) le corridor réservé aux cyclistes; ajouter des plages horaires d'entraînement dans la journée ; étendre la période du matin jusqu'à une heure raisonnable; etc.

Lorsque les organisateurs du Grand Prix de F1 exigent des modifications aux habitudes des usagers de ce lieu public, la Société est toute ouïe. Rien ne justifie qu'il en soit autrement avec les cyclistes.