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Trump au pied du mur

Tel un joueur aux abois qui tente de... (Photo James Lawler Duggan, archives Reuters)

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Tel un joueur aux abois qui tente de récupérer sa mise, Donald Trump a menacé de fermer la frontière avec le Mexique s'il n'obtient pas les milliards qu'il réclame pour son mur.

Photo James Lawler Duggan, archives Reuters

Le président américain a encore haussé le ton hier matin, menaçant de fermer la frontière avec le Mexique s'il n'obtient pas les milliards qu'il réclame pour son fameux mur. En pure perte. Loin de lui fournir le résultat attendu, la paralysie infligée à l'administration américaine est en train de se retourner contre lui.

Tel un joueur aux abois qui tente de récupérer sa mise, Donald Trump a renchéri tout au long de la semaine.

« Si vous ne l'avez pas, nous n'ouvrirons tout simplement pas », a-t-il déclaré à Noël à propos du shutdown qui paralyse une partie du gouvernement américain depuis samedi dernier.

Voyant que la menace restait sans effet, il a ressorti ses vieux épouvantails frontaliers (drogues, gangs et autres criminels) dès son retour d'Irak, jeudi.

Sans succès : les sénateurs sont partis en congé le jour même, emboîtant le pas aux représentants et rendant un vote improbable avant l'an prochain.

Le président, resté seul à Washington, s'est donc rabattu sur Twitter. En plus d'évoquer la fermeture de la frontière, il a menacé de mettre fin au libre-échange avec le Mexique et de couper l'aide américaine aux Honduras, au Guatemala et au Salvador, tout en insinuant qu'une nouvelle caravane de migrants serait en train de se former.

Comme on est loin du président plein d'assurance qui, au début du mois, se disait « fier de faire fermer le gouvernement » - et promettait aux démocrates Chuck Schumer et Nancy Pelosi de ne pas les blâmer pour cette manoeuvre. Car rejeter le blâme sur Nancy Pelosi, c'est précisément ce que la Maison-Blanche s'est efforcée de faire hier.

La représentante démocrate se refuse à tout compromis par crainte de s'aliéner des votes nécessaires pour obtenir la présidence de la Chambre, ont affirmé le chef de cabinet Mick Mulvaney et la porte-parole Sarah Sanders. Reste à voir si ça suffira à renverser la vapeur.

Refuser le financement nécessaire à la bonne marche de l'État tant que le Congrès n'accordera pas les fonds exigés pour le mur frontalier ? Après plus d'une semaine de blocage stérile et sans perspective de résolution avant une dizaine de jours, le pari se révèle de plus en plus hasardeux. 

Pour l'instant, le blâme et la désapprobation penchent du côté de l'administration Trump, suggèrent les sondages publiés ces derniers jours.

Comment s'en étonner ? Quelque 800 000 fonctionnaires sont actuellement privés de salaire jusqu'à une date indéterminée, en pleine période des Fêtes. Et ils ont des familles, des amis, des réseaux sociaux avec qui ils partagent leurs craintes de ne pas pouvoir payer leur hypothèque, leur carte de crédit, leurs médicaments, leur facture d'épicerie. Même si certains appuient cette idée de mur, ils n'ont jamais demandé à en faire les frais.

Des compromis possibles ont été évoqués à Washington au cours des derniers jours. Par exemple, se contenter d'un financement moindre, et parler plutôt d'une « barrière », ou même d'une « clôture ». On verra.

Donald Trump s'est acculé lui-même au pied du mur. Et à moins que le vent tourne, et que l'opinion publique en vienne à considérer les démocrates aussi responsables de cette impasse, ceux-ci n'ont aucun intérêt à tirer le président de là.




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