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Brexit : Les leçons de la frustration

« Habitants de régions dévitalisées, chômeurs sans diplôme, retraités... (PHOTO JUSTIN TALLIS, agence france-presse)

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« Habitants de régions dévitalisées, chômeurs sans diplôme, retraités qui peinent à joindre les deux bouts n'ont que faire de la mobilité permise par l'ouverture des frontières », écrit Ariane Krol. Ci-dessus : des partisans du Brexit dans une région du sud-est de l'Angleterre fortement sceptique par rapport aux bienfaits de l'Union européenne.

PHOTO JUSTIN TALLIS, agence france-presse

Le référendum britannique vient d'en faire la démonstration éclatante : il y a des limites à ignorer la grogne d'une population. Plus on fait la sourde oreille, plus elle éclatera de façon retentissante. Élus et élites ont intérêt à en prendre bonne note.

Le reproche tourne en boucle depuis la victoire surprise du Brexit vendredi dernier. Les défenseurs de l'appartenance à l'Union européenne (UE) n'ont pas réussi à convaincre la population parce qu'ils n'ont pas su toucher ses cordes sensibles. C'est juste, mais ça date de bien avant la campagne référendaire.

Le problème n'est pas tant que les élus, et ceux qu'on appelle communément l'élite (milieux économiques financiers, universitaires, professionnels, etc.), aient trop misé sur les arguments économiques. Le problème, c'est leur manque de crédibilité en la matière. Car pour être crédible, il ne suffit pas de parler. Il faut d'abord montrer qu'on a compris de quoi il retourne, ce qui exige un minimum d'écoute au préalable. Or, les partis au pouvoir, la finance et les grandes entreprises n'ont pas fait très fort à cet égard, en particulier sur les questions de mondialisation.

La libéralisation du commerce et la transformation de l'économie ont laissé pas mal de monde sur le carreau.

Habitants de régions dévitalisées, chômeurs sans diplôme, retraités qui peinent à joindre les deux bouts n'ont que faire de la mobilité permise par l'ouverture des frontières. Ils y voient plutôt une menace, voire la source de tous leurs problèmes. Si leur analyse tourne parfois les coins rond, notamment sur la responsabilité des immigrants, leur malaise est bien réel. Élus et élites ont préféré l'ignorer, ou faire semblant d'y remédier à coups de promesses sans lendemain.

Londres, où près de 60 % des votes ont appuyé le maintien dans l'UE, s'est réveillée vendredi matin dans une Angleterre qui avait décidé du contraire. Depuis, c'est la consternation. On blâme le populisme, les exagérations et les faussetés des ténors du Brexit. On dénonce la méconnaissance des enjeux de la part de l'électorat. Bref, on s'étonne qu'un terrain négligé depuis des décennies ait été si facile à prendre. Ben tiens.

Ce qu'on voit au Royaume-Uni pourrait très bien se reproduire ailleurs, et pas seulement sur la question de l'appartenance à l'UE. Donald Trump, malgré son récent recul dans les sondages aux États-Unis, trouve encore un terreau fertile dans la frustration des gagne-petit peu éduqués.

Si les leaders politiques et économiques veulent regagner de la crédibilité en dehors de leur base traditionnelle, ils vont devoir changer de disque. Il faut reconnaître ce qui ne marche pas et, surtout, admettre la difficulté d'y remédier. Cela peut paraître risqué, mais c'est la seule manière de faire le poids face aux discours populistes, et de désamorcer leurs propositions simplistes.




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