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Attention, programmes aveugles

Même si le secteur manufacturier rafle plus que... (Photo archives Bloomberg)

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Même si le secteur manufacturier rafle plus que sa part des quelque 2,4 milliards de dollars que Québec consacre chaque année au soutien aux entreprises, il a perdu plus de 130 000 emplois de 2000 à 2011. Dire que nous n'en avons pas pour notre argent est un euphémisme.

Photo archives Bloomberg

L'aide québécoise au secteur manufacturier ne donne pas les résultats escomptés, montre une nouvelle étude du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal. Un diagnostic important, dont le gouvernement Couillard doit tenir compte dans son prochain budget.

«Plusieurs crédits ratent leurs cibles et ne fournissent pas les incitatifs requis pour la relance. C'est notamment le cas des deux principaux outils fiscaux proposés par le gouvernement québécois qui, en dépit de leur importance, n'arrivent pas à relancer l'investissement ni à stimuler la R-D», souligne le rapport.

Les constats sont brutaux. Même si le secteur manufacturier rafle plus que sa part des quelque 2,4 milliards de dollars que Québec consacre chaque année au soutien aux entreprises, il a perdu plus de 130 000 emplois de 2000 à 2011. Dire que nous n'en avons pas pour notre argent est un euphémisme.

Le directeur du Centre, Robert Gagné, et ses deux coauteurs ne demandent pas de sabrer dans l'aide aux entreprises. Ils recommandent de mieux la cibler, et de s'assurer qu'elle donne les résultats attendus. C'est en effet la vision qui aurait toujours dû prévaloir. Un ménage s'impose.

Ce genre d'exercice, toutefois, prend du temps. Dans l'immédiat, le gouvernement a un budget à préparer et cherche à réduire ses dépenses. Il ne peut pas se permettre de reconduire des dépenses fiscales inefficaces. D'autant que plus des trois quarts du soutien financier que l'État québécois accorde aux entreprises est constitué d'aide fiscale, sous forme de crédits et congés d'impôt, reports, exemptions et autres carottes.

Ce genre de mesures s'est imposé parce qu'il est considéré comme plus neutre: en principe, toutes les entreprises qui se qualifient y ont droit. Cette conception de l'impartialité amène cependant d'autres travers, souligne le rapport. Le saupoudrage, on le sait, est rarement efficace. Et en ne tenant pas compte des performances des entreprises et de la nature des projets soutenus, le gouvernement a bien peu de contrôle sur les résultats. Quand une mesure est tellement neutre qu'elle n'a pas d'effet, il y a un sérieux problème.

Le bilan de l'aide en région est encore pire. À part la Côte-Nord, toutes les régions ayant bénéficié de programmes ciblés en fonction de la géographie ont essuyé d'importantes pertes d'emplois manufacturiers durant les années 2000. Elles ont pourtant reçu près d'un demi-milliard de dollars de crédits à l'emploi de 2007 à 2011, calculent les auteurs, qui n'hésitent pas à parler d'échec. Ce n'est pas nous qui les contredirons.

Nous ajouterons que ce n'est pas seulement la conception programmes qui est à revoir, mais leur utilisation par les élus. Quand on parachute des millions dans l'urgence, en réaction une fermeture d'usine par exemple, sans s'interroger sur le véritable au potentiel des entreprises et des projets soutenus, il ne faut pas s'étonner que la région soit aussi mal point dans 10 ans.




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