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Loin de la coupe aux lèvres

Il suffirait qu'un seul citoyen ou organisme manifeste... (Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

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Il suffirait qu'un seul citoyen ou organisme manifeste son opposition pour que la RACJ soit obligée de tenir une consultation.

Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse

De l'alcool jusqu'à 5h30 du matin dans une vingtaine de bars montréalais cet été? Contrairement à ce qu'on entend depuis quelques jours, c'est loin d'être chose faite.

Les 19 établissements du Quartier Latin et de la rue Crescent qui veulent prolonger leurs heures d'exploitation doivent d'abord obtenir la permission de la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ). Ce n'est pas gagné d'avance.

La RACJ ne dit pas combien de dérogations elle accorde chaque année, mais d'après nos informations, elles sont rares. Et la dernière exemption d'envergure remonte à la nuit du 31 décembre 1999 au 1er janvier 2000, lorsque le ministre de la Sécurité publique avait fait adopter une loi.

Autrement, les heures d'exploitation peuvent être modifiées «de façon exceptionnelle (...) lors d'une manifestation culturelle, sociale, sportive ou touristique» si la Régie juge que ce n'est pas «contraire à l'ordre public ou susceptible de nuire à la tranquillité publique», mentionne la Loi sur les permis d'alcool.

Pour la manifestation culturelle ou autre, ça ne devrait pas poser trop de problèmes. Le calendrier montréalais est une courtepointe de festivals qui s'étend sur tout l'été.

Le caractère exceptionnel sera plus difficile à faire valoir. La demande porte sur quatre fins de semaine de trois soirs (jeudi, vendredi et samedi), soit les trois dernières de juin et la première de juillet. Et ces 12 soirs ne s'inscrivent pas dans le cadre d'un événement unique, comme le 375e anniversaire de Montréal, en 2017. Au contraire, c'est un projet-pilote. Si la Ville conclut au succès de l'expérience, elle voudra la répéter chaque année.

Pour ce faire, il faudra convaincre Québec de modifier sa législation. Là encore, il y a loin de la coupe aux lèvres. On peut compter sur le maire Coderre pour demander un statut spécial pour la métropole. On doute par contre que ce soit une priorité pour les élus provinciaux, qui n'ont jamais montré d'empressement à dépoussiérer l'encadrement des permis d'alcool.

***

Est-ce une bonne idée de permettre aux bars de vendre de l'alcool durant 2h30 de plus? Pour en avoir le coeur net, rien ne vaut un projet-pilote. Le maire Coderre semble vouloir faire un exercice sérieux, avec une surveillance policière accrue, un comité pour suivre les effets sur la vie des citoyens et des audiences de l'Office de consultation publique.

Reste à voir si la RACJ acceptera de jouer le jeu. Il suffirait qu'un seul citoyen ou organisme manifeste son opposition d'ici au 25 mai pour qu'elle soit obligée de tenir une consultation. L'étape ne serait pas insurmontable en soi, mais elle inciterait davantage de gens à exprimer leurs objections et leurs craintes, et la Régie devrait en tenir compte.

Au moins deux bars de la rue Crescent ont déjà annoncé leurs heures étendues. Au risque de nous répéter: ce n'est pas fait.




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