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Marqués à vie

Avis à ceux qui considèrent encore l'intimidation comme un phénomène normal dans les relations entre enfants: les victimes en gardent des séquelles durant des dizaines d'années, montre une vaste étude parue en fin de semaine dans l'American Journal of Psychiatry.

«Les victimes d'intimidation, comme celles d'autres formes de mauvais traitements dans l'enfance, en ressentent les effets jusque dans la cinquantaine», soulignent les auteurs.

Leur recherche porte sur près de 8000 personnes nées en Angleterre, en Écosse et au pays de Galles en 1958. En analysant les données recueillies à divers moments de leur vie, les chercheurs ont constaté que ceux qui avaient été la cible d'intimidation entre l'âge de 7 et 11 ans présentaient des taux de détresse psychologique plus élevés dans les décennies suivantes. Ceux qui l'avaient été de façon occasionnelle présentaient un risque de dépression accru à 45 ans. Ceux qui l'avaient été fréquemment aussi, en plus d'être plus sujets aux troubles anxieux et aux pensées suicidaires. Rendus à 50 ans, ils étaient plus susceptibles de vivre de l'isolement, d'être chômeurs ou d'avoir des revenus moindres et, faut-il s'en étonner, de considérer qu'ils avaient une piètre qualité de vie.

Que des enfants vivant du harcèlement à l'école soient anxieux ou dépressifs ne devrait surprendre personne. Mais on est frappé de voir de telles associations perdurer si longtemps après les faits. Cette étude apporte une contribution majeure à cet égard puisque les précédentes poussaient, au mieux, le suivi jusqu'au début de l'âge adulte. C'est aussi l'une des premières à montrer que l'intimidation peut se refléter dans la situation financière et sociale. Difficile, après cela, de considérer le phénomène comme banal et passager.

Il est davantage pris au sérieux aujourd'hui, mais il a fallu quelques suicides d'adolescents pour en arriver là. Et si l'on cherche à éviter de tels drames, les effets moins spectaculaires de l'intimidation, en particulier ceux à long terme, ne semblent pas inquiéter grand monde. Il le faudrait pourtant.

«D'autres études ont montré que les enfants exposés à de la violence courent un plus grand risque d'en être à nouveau victimes», rappellent les auteurs. L'intimidation, disent-ils, fonctionne peut-être de la même façon: en être victime à l'école amorcerait une dynamique qui suscitera d'autres abus de la part des pairs ou des adultes.

Quel que soit le mécanisme, ses effets sont désastreux. Et ils seront sans doute pires pour les enfants d'aujourd'hui que pour les sujets de l'étude, qui ont grandi dans les années 60. Dans notre monde hyper-connecté, l'intimidation peut prendre des formes plus vicieuses et plus envahissantes que jamais, et il ne suffit plus de changer d'école pour en effacer toute trace.

Le seul aspect positif, c'est que dans l'univers numérique, les harceleurs laissent des preuves impossibles à nier. On ne devrait pas hésiter à s'en servir.




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