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Les cendres de L'Isle-Verte

Québec était bien au fait de l'importance des... (Photo Érik Labbé, archives Le Soleil)

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Québec était bien au fait de l'importance des gicleurs dans les résidences de personnes âgées, mais avant le drame de L'Isle-Verte, il n'était pas parti pour y donner suite, montrent les documents obtenus par La Presse grâce à la Loi sur l'accès à l'information.

Photo Érik Labbé, archives Le Soleil

Québec était bien au fait de l'importance des gicleurs dans les résidences de personnes âgées, mais avant le drame de L'Isle-Verte, il n'était pas parti pour y donner suite, montrent les documents obtenus par La Presse grâce à la Loi sur l'accès à l'information.

Les ministres interpellés au lendemain de l'incendie qui a fait 32 morts à la Résidence du Havre étaient bien contents de pouvoir mentionner qu'un comité travaillait depuis près d'un an sur la question des gicleurs dans les résidences privées pour aînés.

Bien que la protection de ces résidences ait été renforcée, «elle demeure limitée», lit-on dans le procès-verbal de la première réunion de ce comité, le 7 février 2013. «Le moyen le plus efficace à ce jour pour diminuer [les effets d'un incendie] est la présence d'un réseau de gicleurs et les équipements afférents», souligne un représentant du ministère de la Sécurité publique.

Le comité s'est donné plusieurs mandats. Il voulait notamment étudier l'installation de gicleurs dans les immeubles existants, y compris des formules de soutien financier. Il comptait aussi faire des recommandations au sujet du Code de construction du Québec qui, à ce jour, permet encore de bâtir de tels édifices sans gicleurs.

Une deuxième réunion s'est tenue à la fin avril puis, plus rien. Sans l'incendie du 23 janvier, le dossier des gicleurs serait encore dans les limbes.

Pourtant, l'utilité de ces systèmes dans les résidences pour aînés est connue depuis longtemps. De nombreux coroners, à commencer par Cyrille Delâge, l'ont rappelé depuis la fin des années 90. Entre les rapports illustrant l'efficacité des gicleurs et ceux montrant comment leur présence aurait pu sauver des vies, on a l'embarras du choix. Sans oublier les appels répétés de l'Association des chefs en sécurité incendie du Québec et du Regroupement québécois des résidences pour aînés.

Ces dispositifs limitent la propagation des incendies, donnant plus de temps pour évacuer les lieux. Dans un bâtiment qui n'est pas à l'épreuve du feu, et où les locataires sont incapables de se déplacer ou de s'orienter seuls, ça fait une sacrée différence. Non, les gicleurs ne doivent pas être la seule mesure de prévention et oui, ils ont un coût. Sauf qu'une fois qu'on a dit ça, on n'a pas dit grand-chose. Et on n'a toujours rien fait.

Pendant ce temps en Ontario... Ça fait 16 ans que les gicleurs sont obligatoires dans les résidences qui s'y construisent. Quant aux plus anciennes, elles devront en avoir installé dans les cinq prochaines années.

Ici, la balle a fini par rebondir dans la cour de la Régie du bâtiment. Un nouveau comité placé sous sa houlette doit présenter des mesures avant la fin 2014. Selon nos informations, des exigences en matière de gicleurs devraient être ajoutées à la nouvelle mouture du Code de construction, et d'autres seraient proposées pour les résidences existantes. Enfin!

Un élément, toutefois, manque encore à l'appel: une enquête publique. Philippe Couillard s'y était montré favorable; il faut que son futur ministre de la Sécurité publique en demande une dès son entrée en poste.

Remuer les cendres de L'Isle-Verte ne sera pas très agréable. Mais c'est la seule façon de nous forcer enfin à agir.

- Avec la collaboration de Serge Laplante




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