Vous voulez acheter des meubles ou des électroménagers à crédit? Lisez bien les petits caractères du contrat de financement. Des pratiques trompeuses gonflent les prix de façon importante, dénonce le Bureau de la concurrence dans une poursuite déposée cette semaine.

Ariane Krol LA PRESSE

«Ne payez rien avant 15...18...21 mois!», promettent les réclames des chaînes The Brick et Meubles Léon citées en cour supérieure de l'Ontario. C'est de la publicité trompeuse, affirme le Bureau de la concurrence. Pour pouvoir prendre possession d'un sofa de 1500$, le client doit verser jusqu'à 521,64$ au moment de l'achat, calcule l'agence fédérale.

En Ontario, par exemple, les clients qui demandent du financement pour un bien de plus de 1000$ et qui n'ont jamais acheté chez Meubles Léon doivent faire un dépôt de 15%. Les deux chaînes exigent aussi les taxes de vente sur-le-champ.

Et il y a pire. Ces frais, quoique contraires à la promesse de ne rien avoir à payer avant un bon bout de temps, ont au moins pour effet de réduire le solde. Ce n'est pas le cas d'autres frais imposés aux clients qui achètent à crédit chez Meubles Léon ou The Brick. La surcharge pour paiement différé (89,95$ et 149,95$ respectivement) fait augmenter le prix réel du sofa, expose le Bureau. D'autant que cette surcharge est taxable...

Meubles Léon a racheté The Brick en mars dernier. Ensemble, elles comptent plus de 300 magasins dans tout le pays. Elles ont rejeté les allégations dans un communiqué conjoint. Il sera intéressant de voir si elles nieront les faits, ou si elles défendront leurs pratiques en plaidant que les informations figurent aux contrats. «Les détaillants ne peuvent dissimuler les détails relatifs à des frais supplémentaires dans de longs avertissements», fait valoir le commissaire de la concurrence, John Pecman.

Ce type de promotion a d'ailleurs fait l'objet de plusieurs recours collectifs au Québec, dont certains se sont réglés moyennant des indemnités substantielles. C'est l'un des reproches du Bureau: les défendeurs auraient continué leurs représentations fausses et trompeuses à travers le Canada même après avoir changé leurs pratiques publicitaires au Québec.

L'agence attire aussi l'attention sur les stratagèmes de vente de ces chaînes. Elle montre comment le fait de dévoiler un prix petit à petit durant la transaction fausse le jugement de l'acheteur et réduit les risques qu'il change d'idée, même si le total se révèle beaucoup plus cher que le prix affiché. Les défendeurs misent sur les bas prix et les options de paiement différé pour attirer les clients en magasin, les inciter à faire des achats impulsifs et les convaincre d'acheter des produits plus chers prévu, explique aussi la poursuite.

Quelle que soit l'issue du procès, Meubles Léon et The Brick se seraient sûrement passés d'une telle publicité.

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