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L'exemple Porter

Quand même un homme comme Arthur Porter, qui... (Photo La Presse Canadienne)

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Quand même un homme comme Arthur Porter, qui a collectionné les fonctions prestigieuses, détient un passeport diplomatique et a les moyens de refaire sa vie dans un paradis fiscal, ne réussit plus à échapper à la justice, c'est un signe.

Photo La Presse Canadienne

On a mis du temps à le comprendre au Québec, mais ça commence à rentrer. Le moyen le plus efficace de décourager la corruption n'est pas d'adopter un code d'éthique, un règlement ni même une loi. C'est de s'assurer que les conséquences sont non seulement lourdes, mais probables. L'arrestation d'Arthur Porter au Panama est le message le plus dissuasif qui ait été envoyé depuis longtemps.

L'ex-patron du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) est accusé, entre autres bricoles, de fraude envers le gouvernement, d'abus de confiance, de commissions secrètes et de recyclage des produits de la criminalité. Et l'on ne parle pas de menue monnaie. Des pots-de-vin de 22,5 millions de dollars auraient été versés pour influencer l'attribution du contrat de construction du CUSM. Si le Dr Porter ne s'était pas barré aux Bahamas, il aurait probablement été arrêté en février dernier, en même temps que son ex-bras droit, Yanai Elbaz, et l'ex-PDG de SNC-Lavalin, Pierre Duhaime. (S'il était resté au Québec, il n'aurait pas non plus eu le droit de s'autodiagnostiquer un cancer, mais c'est une autre histoire...)

Il sera intéressant de savoir ce qui a pu inciter le suspect à quitter son archipel, où il ne risquait pas d'être extradé vers le Canada avant longtemps, pour s'aventurer au Panama, où il fait maintenant face à une telle procédure. D'autant que ça devrait aller rondement, si l'on en croit ce que la police panaméenne a indiqué à l'AFP. Ça reste à voir, mais l'arrestation est déjà, en soi, une bonne nouvelle.

Quand même un homme comme Arthur Porter, qui a collectionné les fonctions prestigieuses, détient un passeport diplomatique et a les moyens de refaire sa vie dans un paradis fiscal, ne réussit plus à échapper à la justice, c'est un signe. Mieux vaut y penser à deux fois avant de mettre le doigt dans un engrenage douteux.

L'ex-patron du CUSM a évidemment droit à la présomption d'innocence. Mais il a aussi le devoir de répondre aux accusations qui pèsent contre lui. Et même s'il n'avait joué aucun rôle dans les faits qui lui sont reprochés, il aurait des comptes à rendre sur sa gestion. Comment une fraude de cette ampleur a-t-elle pu être commise sous son règne? Au royaume de la corruption, les vrais aveugles sont rares. Fermer les yeux ou détourner le regard n'est peut-être pas aussi grave que de participer activement à une magouille, mais les effets sont néanmoins désastreux pour le bien public.

L'impunité a trop longtemps été la norme devant de tels comportements. La corruption était une affaire entendue. Dans bien des endroits, on n'employait même pas ce terme: c'était la façon de faire des affaires et de gérer des contrats publics, tout simplement.

Pour venir à bout de cette culture parasitaire, il faudra plus qu'une commission Charbonneau et de belles résolutions. Il faut remplacer l'impunité par la certitude de faire face à la justice. C'est la seule chose qui soit assez puissante pour contrebalancer l'appât du gain.




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