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Mieux vaut être riche et en santé

Il en va des chiffres comme des oeuvres d'art: il faut souvent prendre quelques... (Photo archives New York Times)

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Photo archives New York Times

Il en va des chiffres comme des oeuvres d'art: il faut souvent prendre quelques pas de recul pour les apprécier à leur juste valeur. C'est le cas du financement et de la consommation des soins de santé. Sur un an, la différence entre riches et pauvres est énorme. Sur l'espace, beaucoup plus réaliste, de toute une vie, l'écart est beaucoup moindre, montre le plus récent rapport de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS). Un rappel de l'utilité d'un système public.

Le citoyen canadien âgé d'au moins 20 ans a consommé pour 3050$ de soins de santé publics en 2011, calcule l'ICIS. C'est une moyenne générale, qui n'est pas représentative des cas individuels, ni même du revenu ou de l'âge. Or, on sait depuis longtemps que ces deux derniers facteurs influencent fortement l'utilisation du système de santé.

En 2011, les citoyens ayant les revenus les plus faibles ont coûté 60% plus cher (3860$) que ceux ayant les revenus les plus élevés (2410$). Si l'on considère la facture de toute une vie, par contre, l'écart entre la consommation de soins des plus riches (205 670$) et des plus pauvres (237 470$) n'est plus que de 15%.

Précisons, avant d'aller plus loin, que les calculs de l'ICIS reposent sur toute une série d'hypothèses. Par exemple, les dépenses comptabilisées incluent seulement les médicaments, soins hospitaliers et services de médecin (qui représentent tout de même près de 60% des coûts des systèmes publics) parce que les autres données ne sont pas toujours disponibles.

Le résultat n'en est pas moins éloquent. «La plupart des gens paient plus d'impôts et de taxes au milieu de leur vie et reçoivent plus de services de santé à la fin», souligne le rapport. Tous revenus confondus, les Canadiens de 20 à 65 ans cotisent davantage au système de santé qu'ils l'utilisent, montre le modèle de l'ICIS. Après, c'est l'inverse. D'où l'importance de considérer la vie entière du contribuable.

La longévité, en effet, contribue grandement à réduire l'écart entre les plus riches et les plus pauvres. «Les personnes à faible revenu présentent une espérance de vie plus courte que les personnes à revenu élevé. Elles ne vivent donc pas aussi longtemps au cours de la période de la vie où les coûts de santé sont plus élevés et les paiements d'impôts et de taxes, moins élevés», explique l'ICIS.

Ce n'est pas très gai, on en convient. L'espérance de vie réduite est l'un des effets les plus dérangeants de la pauvreté. Mais c'est aussi un facteur dont les Canadiens qui ont le bonheur d'être à l'aise et en santé devraient tenir compte lorsqu'ils trouvent que le système de santé leur coûte trop cher pour l'usage qu'ils en font.

La frustration serait sans doute moins grande si chacun se voyait présenter la note des services de santé qu'il utilise... et si ces services étaient disponibles au moment où il en a besoin. Mais ça, c'est une autre histoire...




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