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La transformation

Les bureaux de Statistique Canada à Ottawa.... (Photo Sean Kilpatrick, La Presse Canadienne)

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Les bureaux de Statistique Canada à Ottawa.

Photo Sean Kilpatrick, La Presse Canadienne

Plus d'un résidant sur cinq est né à l'étranger ou fait partie d'une minorité visible dans la grande région de Montréal. C'est beaucoup? Par rapport au reste du Québec, peut-être. Face aux autres grandes villes canadiennes, par contre, c'est bien peu. Même chose quand on se compare aux deux autres principales provinces, l'Ontario et la Colombie-Britannique. Obsédés par les effets que l'immigration pourrait avoir ici, nous ne nous rendons pas compte à quel point ce phénomène creuse l'écart entre le Québec et ses comparables.

Près de la moitié des Torontois font partie d'une minorité visible ou sont nés ailleurs qu'au Canada (47% et 46% respectivement), montre l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011 dévoilé hier par Statistique Canada. Même chose, ou presque, parmi les Vancouvérois (45% et 40%). La majorité qui sert de point de repère est en train de devenir bien relative.

Les immigrants ne forment pas un bloc monolithique, loin de là. Mais ce ne sont pas non plus des gouttes d'eau qui se fondent dans la mer. Leur vécu différent de celui des natifs de la société d'accueil amène d'autres points de comparaison et, souvent, d'autres difficultés, d'autres priorités et d'autres attentes. Si les politiciens veulent rejoindre ces électeurs, ils doivent les écouter... ils n'ont pas le choix de le faire, parce qu'ils sont de plus en plus nombreux.

On ne réalise pas l'ampleur du phénomène au Québec. Moins de 13% de notre population est née à l'extérieur du pays, deux fois moins qu'en Ontario et en Colombie-Britannique. À Montréal? Moins de 23%. Quant aux minorités visibles, elles constituent à peine 20% des habitants de la région. C'est moins qu'à Calgary et à Edmonton, et à peine plus qu'à Winnipeg.

Le Québec est d'autant plus étranger à cette réalité que son immigration est différente. Ici, les natifs de l'étranger viennent d'abord d'Haïti, de France et d'Italie. En Ontario comme en Colombie-Britannique et, même, dans l'ensemble du Canada, ils viennent plutôt de l'Inde, de la Chine et du Royaume-Uni.

Être né à l'étranger ne conditionne pas tout. En particulier chez les jeunes qui arrivent ici avant l'âge adulte, et dont les valeurs seront souvent beaucoup plus proches de celles de leurs camarades que de celles de leurs parents. Le regroupement en communautés demeure néanmoins un phénomène majeur. Ce n'est pas pour rien que plus de 60% des immigrants, récents ou de longue date, vivent à Toronto, Vancouver ou Montréal, et que pratiquement tous les autres habitent une région métropolitaine. C'est un enjeu dont, encore une fois, les politiciens n'ont pas le choix de tenir compte. S'il est encore peu présent en politique québécoise, il est de plus en plus évident sur la scène fédérale.

On parle encore de l'immigration comme d'un phénomène de l'extérieur, alors que c'est une véritable transformation intérieure qui est en train de s'opérer à nos portes. Il serait temps de le réaliser parce que le Canada, jusqu'à preuve du contraire, demeure notre principal interlocuteur.




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