Ajustez votre appareil: le ménage traditionnel cède de plus en plus de terrain à d'autres types d'arrangements familiaux, confirme le dernier recensement de Statistique Canada.

Croissance démographique oblige, le nombre de familles continue d'augmenter. On en comptait l'an dernier 5,5% de plus qu'en 2006. Les structures classiques font cependant place à une multitude de variations.

Le mariage, qui allait autrefois de soi, est aujourd'hui le modèle qui gagne le moins d'adeptes chez les couples, avec une faible progression de 3,1% en cinq ans. L'union libre, elle, a le vent en poupe. Sa popularité ayant augmenté de 14%, elle est maintenant plus répandue que la famille monoparentale.

Le Québec se distingue toujours à cet égard. Près de 38% des couples y vivent en union libre. C'est nettement plus que la moyenne canadienne (20%) et, même, que d'autres pays où ce type d'union est courant, comme la Norvège (24%), la Finlande (25%) et la Suède (29%).

Le couple avec enfants se fait aussi plus rare. Seulement 39% des familles canadiennes entrent dans cette catégorie, alors que les couples sans enfants sont en majorité (45%). Quand on dit que la population vieillit...

Les foyers continuent aussi de se dépeupler. En 1961, un ménage sur trois comptait cinq membres ou plus. Cinquante ans plus tard, moins d'un sur 10 regroupe autant de gens.

La famille, de plus en plus, est une personne seule. Le nombre de ménages individuels a augmenté de plus de 10% depuis 2006. Ces foyers monoplaces sont maintenant plus nombreux que les couples avec enfants, et pas uniquement à cause du vieillissement de la population. Au contraire, la proportion de personnes âgées vivant en couple a augmenté depuis cinq ans - la longévité accrue des hommes n'y est sans doute pas étrangère.

Le couple de même sexe, par contre, se porte très bien. Peut-être l'attrait de la nouveauté: la légalisation du mariage entre conjoints de même sexe dans l'ensemble du pays remonte à juillet 2005 seulement. Or, la proportion des couples homosexuels mariés a presque doublé depuis 2006, passant de 17 à 33%.

Cette reconnaissance du mariage gai en a sans doute convaincu plus d'un de se déclarer en couple. Le nombre de couples homosexuels a en effet bondi de 42% depuis 2006, un accroissement neuf fois plus important que chez les hétéros. Cette progression spectaculaire risque cependant de plafonner. Les ménages homosexuels constituaient l'an dernier 0,8% de tous les couples, une proportion semblable à celle observée en Australie, au Royaume-Uni et en Irlande.

En 1961, la famille était, dans plus de neuf cas sur dix, un couple marié. Cinquante ans plus tard, c'est encore la structure familiale la plus répandue, mais moins de sept ménages sur 10 correspondent désormais à cette définition. Le moule n'est pas cassé, mais il a fallu l'adapter. On le trouve aujourd'hui dans une plus grande variété de formes et de tailles que jamais.