La Chine croule sous les stocks invendus. Une bien mauvaise nouvelle pour l'économie mondiale.

On savait que la croissance chinoise tournait au ralenti. La publication d'un important indice manufacturier confirme à quel point il y a de l'eau dans le gaz. L'indice PMI des directeurs d'achat de la HSBC est tombé en août à son plus bas niveau en neuf mois. Et le sous-indice des nouvelles commandes à l'exportation n'avait pas été aussi faible depuis mars 2009, alors que la Chine essuyait le ressac de la crise financière mondiale.

Les biens de consommation, les véhicules neufs et les logements vides s'accumulent, témoigne le New York Times. Le redémarrage espéré au cours de la seconde moitié de l'année semble plus improbable que jamais. Et si le principal moteur économique mondial s'essouffle, tout le monde ralentit.

Déjà, la minière BHP Billiton vient de suspendre deux projets, l'un dans le minerai de fer et l'autre dans le charbon, en Australie. Un rappel, s'il en faut, que le Québec ne doit pas se contenter de l'industrie minière pour assurer sa prospérité.

Le ralentissement des usines chinoises montre à quel point la consommation interne, sur laquelle Pékin compte beaucoup, est encore loin de suffire. Dommage, car les gros clients de la Chine ne sont pas en moyens ces jours-ci. La zone euro vient de voir son propre indice PMI se contracter pour un septième mois de suite, alimentant la thèse d'une récession au troisième trimestre. Les taux de chômage élevés et l'incertitude qui perdure au sujet des dettes souveraines n'incitent pas aux folles dépenses.

Le secteur manufacturier américain montre des signes de ralentissement lui aussi. Les commandes de biens durables (excluant le secteur des transports, sujet à de grandes fluctuations) ont reculé de 0,4% en juillet, a annoncé le Département du commerce. Ce deuxième recul mensuel de suite est une grosse déconvenue, car la prévision médiane des analystes avait plutôt laissé entrevoir une progression de 0,6%.

Les banques centrales ont redonné un peu d'espoir aux investisseurs hier. La Réserve fédérale américaine avec une lettre de son président, indiquant qu'il reste des possibilités d'intervention. La BCE par des sources laissant entendre que l'institution pourrait intervenir afin d'empêcher que les taux d'emprunts des pays en difficulté ne dépassent certains seuils.

Les principaux indices boursiers européens et américains ont donc réussi à terminer la semaine sur une note positive, mais ce n'est pas terminé. Personne ne sait combien de temps il faudra pour redémarrer le moteur économique chinois - le manque de données officielles fiables ne facilite pas les prévisions. Ce ralentissement va toutefois forcer beaucoup de gens à revoir leurs calculs, avec des résultats qui risquent d'en inquiéter plusieurs.