Si vous êtes en attente d'un médecin de famille ou d'un rendez-vous avec un spécialiste, prenez votre mal en patience. Aucun des médecins participant à notre débat sur la santé ne réussit à démontrer que son élection améliorerait votre sort.

Ce n'est pas faute d'essayer. Comme vous pouvez le constater dans la vidéo présentée à compter d'aujourd'hui sur lapresse.ca, les Drs Barette, Bolduc, Hébert et Khadir connaissent leurs dossiers et ne manquent pas d'arguments.

Sauf que même dans cette campagne où l'on parle de corruption comme jamais, la santé reste en tête des préoccupations des Québécois. À raison. Si l'on constate des améliorations dans certaines parties du réseau, l'accès à la plupart des services relève encore du parcours du combattant. On teste votre endurance, votre débrouillardise, vos contacts, souvent même l'épaisseur de votre portefeuille. Et malheureusement, aucun des quatre candidats ne nous convainc que ça s'améliorera au lendemain de son élection.

Le candidat de la CAQ a le fardeau de la preuve le plus exigeant, avec sa promesse doter chaque Québécois d'un médecin de famille d'ici un an. Le Dr Barette, qui ne s'est pas gêné pour étriller les omnipraticiens lorsqu'il présidait le syndicat des médecins spécialistes, démontre aujourd'hui une bonne compréhension de leurs problèmes. Reste à voir comment il les règlera. Qui nous dit que suffisamment de médecins de famille accepteront de suivre (et non simplement d'enrôler) plus de patients en échange d'une meilleure rémunération? Et comment le Dr Barette leur donnera-t-il un meilleur accès aux tests diagnostiques et à ses collègues spécialistes?

L'actuel ministre de la Santé ne marque pas davantage de points en accusant ses adversaires de démagogie parce qu'ils ne reconnaissent pas qu'il «s'est passé énormément de belles choses» dans le réseau de la santé. Le Dr Bolduc a beau être là depuis seulement quatre ans, il ne peut pas ignorer les attentes démesurées que son parti a suscitées aux élections de 2003, lorsqu'il avait fait de la santé sa priorité. Neuf ans plus tard, on attend encore. Et si c'est de la démagogie de le dire, alors tous les Québécois sont démagogues.

En fait, c'est dans les moments où ils reconnaissent que les problèmes seront longs et complexes à résoudre que les quatre candidats paraissent le plus crédibles. Depuis le temps, les Québécois sont vaccinés contre les solutions faciles en santé. Du moins, on l'espère. Car, pour paraphraser la pub, si ça marchait, ça se saurait.

Quatre médecins, quatre avis contradictoires. Y en a-t-il un seul capable de soigner notre système de santé? Ils ont jusqu'au 4 septembre pour nous en convaincre.