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Médecine trop douce

Pour pouvoir tourner la page sur ce chapitre... (PHOTO : TOMY MELVILLE, REUTERS)

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Pour pouvoir tourner la page sur ce chapitre peu glorieux de son histoire, GSK versera 3 milliards de dollars aux autorités américaines.

PHOTO : TOMY MELVILLE, REUTERS

Les pratiques ayant mené à la conclusion d'une entente record entre la pharmaceutique GlaxoSmithKline et la justice américaine sont tellement choquantes qu'on se demande comment il est possible que personne n'en soit responsable.

Prétendre qu'une étude confirme l'efficacité d'un traitement alors que n'est pas le cas, et en taire deux autres qui montrent son inefficacité. Taire les risques associés à un médicament. Dépenser des millions pour convaincre les médecins de prescrire des molécules pour des usages non reconnus.

La britannique GSK semblait prête à bien des entorses pour vendre ses médicaments. Elle a promu son Paxil pour traiter la dépression chez les mineurs alors qu'il n'avait pas été approuvé pour ça - elle a reconnu plus tard un risque accru d'idées et de comportements suicidaires chez cette clientèle! Elle a omis d'informer la FDA des risques cardiovasculaires associés à son traitement du diabète Avandia. Et a, selon le département de la Justice, promu quatre autres médicaments à des fins non reconnues.

Pour pouvoir tourner la page sur ce chapitre peu glorieux de son histoire, GSK versera 3 milliards de dollars aux autorités américaines. Si le montant est une première, les faits reprochés sont d'une triste banalité. Plusieurs grandes pharmaceutiques ont été accusées d'avoir fait mousser leurs pilules de façon inappropriée au cours des dernières années.

Les pharmaceutiques doivent limiter la promotion de leurs médicaments aux problèmes de santé pour lesquels ils ont été approuvés. Les médecins, par contre, peuvent les prescrire à d'autres fins s'ils le jugent utile - ce qui fait augmenter les ventes. GSK, apparemment, a calculé que le jeu en valait la chandelle. En rétrospective, on a l'impression que les pénalités auxquelles elle s'est exposée étaient considérées comme une dépense de marketing, au même titre que les repas, traitements au spa et autres luxueux séjours offerts aux médecins.

GSK parle aujourd'hui de «très vieux comportement» d'une «autre époque». Plusieurs de ses politiques, sur la rémunération des représentants et les cadeaux aux médecins entre autres, ont été corrigées.

Malheureusement, l'argument le plus dissuasif, qui aurait été de tenir la direction responsable de ces pratiques, n'a pas été utilisé par les autorités. Aucun employé n'a été reconnu coupable de quoi que ce soit. Le stratagème s'est mis en place sans intervention humaine? Ça forcerait l'admiration si ce n'était pas une telle insulte à l'intelligence.

En cas de récidive, par contre, les dirigeants de GSK pourraient devoir rembourser les primes qu'ils auront touchées, prévoit l'entente conclue avec le gouvernement américain. Une première là aussi.

La mesure, espérons-le, sera plus dissuasive qu'une pénalité payée par l'ensemble des actionnaires. Mais elle arrive bien tard.




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