Le premier ministre grec a misé gros en annonçant, lundi soir, un référendum-surprise sur le dernier plan d'aide européen. Il n'est même pas certain qu'il tienne jusqu'au vote de confiance de vendredi.

La majorité du parti socialiste Pasok a fondu à deux voix hier, après l'annonce de la démission d'une députée. Et six membres influents du parti ont réclamé la démission Georges Papandreou.

Ce référendum est de trop, même pour le «berceau de la démocratie». Oui, ça fait une paye que la population grecque demande à être consultée sur le régime sec qu'on lui impose. Mais en lui promettant ce scrutin, le premier ministre défend d'abord ses propres intérêts. Il fait le pari que l'attachement à l'euro sera plus fort que le refus de l'austérité, et qu'un OUI en faveur du plus récent plan de sauvetage renforcera sa position. Une gageure qui risque de lui coûter cher, tout comme à l'Europe.

Ses homologues de la zone euro, qui ont fait des concessions importantes pour parvenir à un accord la semaine dernière, sont sous le choc. Avec raison. La Grèce a été convoquée à Cannes ce soir, après la réunion prévue entre la chancelière allemande, le président français, le Fonds monétaire international (FMI) et les dirigeants européens. La pression sera considérable. Le plan adopté jeudi dernier est la seule voie possible pour résoudre le problème de la dette grecque, a martelé le président Sarkozy hier.

De fait, on ne voit pas ce que ce référendum pourrait apporter de constructif. Le peuple grec se plaint que les plans de sauvetage qui lui ont été imposés lui ont fait perdre le contrôle. Mais quel contrôle pense-t-il avoir si le pays se retrouve en faillite? S'imagine-t-il échapper ainsi aux mesures d'austérité?

La démocratie ne consiste pas seulement à appeler la population aux urnes. Elle exige aussi de gouverner dans son intérêt. En plaçant tous ses jetons sur ce référendum, M. Papandreou a fait tout le contraire. Même si le vote s'avère favorable, le bilan de l'exercice sera forcément négatif.

La confiance restaurée à grand peine la semaine dernière a déjà volé en éclats. Les Bourses européennes ont encaissé des reculs dramatiques hier et la débandade s'est poursuivie de côté-ci de l'Atlantique. Le pire est à craindre au cours prochains mois - la consultation grecque est prévue pour janvier seulement.

Le vote de confiance de vendredi pourrait bien avoir raison de Georges Papandreou, et de son référendum. Sauf qu'un tel renversement, porteur d'encore plus d'instabilité, ne favoriserait en rien la sortie de crise.

Nous avons maintes fois salué la résistance de la zone euro qui, à force de volonté, a toujours réussi à trouver des solutions à ses problèmes. Mais que faire quand l'un des maillons, le plus faible de surcroît, semble avoir perdu toute trace de bonne volonté?