D'ici au 3 novembre. C'est le nouveau délai que se donnent la France et l'Allemagne pour stabiliser la zone euro. Les marchés peuvent sans doute patienter jusque-là. Mais seront-ils capables d'attendre les effets du plan qui sera proposé?

«Des réponses durables, globales et rapides avant la fin du mois», a promis le président Sarkozy dimanche, au sortir de sa rencontre avec la chancelière Angela Merkel. Ces réponses devront donc être trouvées d'ici le prochain sommet du G20, dont la France sera l'hôte, les 3 et 4 novembre à Cannes.

Le sommet des dirigeants européens a donc été reporté de six jours, au 23 octobre, afin d'avoir toute l'information nécessaire à l'élaboration d'une stratégie commune.

Si la scène vous donne une impression de déjà vu, ne vous pincez pas. C'est, à quelques variations près, la même que l'Europe nous rejoue depuis trois ans. Crise (toujours la même), intervention, accalmie.

La séquence s'est encore avérée hier. Les indices boursiers européens et américains ont terminé en hausse, confortés par les assurances franco-allemandes de faire «tout le nécessaire», et par le démantèlement ordonné de la banque Dexia. Il s'en est évidemment trouvé pour rappeler que le problème n'est pas réglé, et qu'on l'a seulement pelleté devant. Si le premier commentaire est juste, le second est nettement exagéré. Oui, la réponse européenne évolue par à-coups, mais dans l'état actuel de sa structure, c'est inévitable. Que ces pays soient toujours arrivés, malgré leurs disparités, à fournir une réponse cohérente depuis trois ans devrait constituer, en soi, un motif de réassurance.

Sauf que la logique des marchés a aussi ses limites face à la crise actuelle. À preuve, la décote, la semaine dernière, de la dette italienne et espagnole, malgré leurs plans d'austérité respectifs. L'agence de notation Fitch cite notamment la crise de la zone euro, qui leur rend la tâche encore plus difficile. On tourne en rond. Pour briser le cercle, il faudrait une vraie reprise, qui remette les chômeurs au travail et renfloue les coffres publics. Hélas, l'Europe l'attend toujours.

À défaut, on pare au plus pressé. L'idée de recapitaliser les banques, inadmissible jusqu'à tout récemment, fait maintenant partie des plans. Se résignera-t-on enfin à laisser la Grèce faire faillite? Ils seraient plusieurs à déplorer qu'on ne les ait pas écoutés plus tôt. Sauf qu'avoir une idée, c'est la partie facile. Le défi, au sein de la zone euro, est de la faire accepter par les autres. Autrement, ça ne reste que ça. Une idée, et non une solution.

Pendant ce temps aux États-Unis, le pire semble être évité. La reprise demeure anémique, mais il n'y aura sans doute pas de nouvelle récession, indiquent les financiers cités par Bloomberg. La création d'emplois avait agréablement surpris vendredi dernier. Les premiers résultats trimestriels et l'indice de confiance des consommateurs donneront le ton cette semaine.