Les spécialistes de la santé publique parlent depuis plusieurs années d'environnement obésogène, qui favorise l'accumulation de poids excessif. Le nouveau rapport de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) donne plutôt l'impression d'une véritable culture, qui privilégie les loisirs sédentaires au détriment d'activités plus physiques.

Ariane Krol LA PRESSE

Les spécialistes de la santé publique parlent depuis plusieurs années d'environnement obésogène, qui favorise l'accumulation de poids excessif. Le nouveau rapport de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) donne plutôt l'impression d'une véritable culture, qui privilégie les loisirs sédentaires au détriment d'activités plus physiques.

Un adulte sur quatre et presque un jeune sur 10 (8,6%) est obèse au Canada. Une proportion qui s'est multipliée par deux en moins de 30 ans. «La sédentarité est apparue comme le facteur le plus étroitement associé à l'obésité», souligne l'ICIS dans son analyse synthèse publiée hier.

On ne parle pas ici de petit surplus de poids, mais de gens dont l'indice de masse corporelle (IMC) est de 30 ou plus. Ce qui augmente leurs risques de développer des maladies chroniques comme le diabète de type 2 et l'hypertension et les maladies cardiovasculaires, ainsi que certaines formes de cancer. Les enfants ne sont pas épargnés puisque l'obésité contribue chez eux à l'apparition précoce du diabète de type 2, de l'athérosclérose et l'hypertension. Pénible pour les personnes concernées, et cher pour le système de santé - presque 2 milliards en coûts directs par an. L'enjeu de santé publique est clair, mais l'impact des choix personnels ne doit pas être ignoré pour autant.

Il est vrai que les individus ont très peu de contrôle sur certains facteurs, comme le revenu et ses corollaires (alimentation, milieu de vie, accès aux installations récréatives, etc.), et pas du tout sur d'autres, comme la génétique, dont on ne connaît pas encore grand-chose.

Tout n'est cependant pas une fatalité. Vancouver et sa voisine Richmond affichent les plus bas taux d'obésité au pays, quatre à cinq fois moins élevés que la moyenne. Oui, elles ont un climat et des aménagements propices à l'activité physique, mais il y a plus. Bouger n'y est pas seulement possible, mais valorisé. L'inverse de la tendance générale, où c'est passer du temps devant un écran qui est devenu la norme. Les jeunes devraient s'en tenir à deux heures par jour, mais moins d'un sur cinq respecte cette limite, qui est pourtant un déterminant de l'embonpoint.

Si tous les Canadiens sédentaires faisaient au moins de 15 minutes d'activité physique à faible impact par jour, le pays compterait presque 1,1 million d'obèses de moins, calcule l'ICIS. Difficile de prétexter le manque de temps.

Le problème de ce qu'on ne fait pas (bouger) vient beaucoup plus de ce qu'on fait de nos moments libres (télé, internet, jeux vidéos, etc.) que de n'importe quoi d'autre. C'est toute notre culture des loisirs qui est à revoir.

Quelque 42% des répondants à notre Question du jour ont indiqué que Pierre Lavoie les avait sensibilisés à faire de l'activité physique. Et c'est sans compter tout l'effet d'entraînement de son Grand Défi auprès des jeunes. Le truc? Il ne faut pas se contenter de les regarder à la télé.

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