Les médecins formés à l'étranger sont victimes de discrimination, dénonce la Commission des droits de la personne. La sortie a le mérite de ramener cet épineux dossier sur le dessus de la pile. Mais elle ne doit pas nous faire perdre de vue l'essentiel: le bien-être des patients. Québec doit trouver moyen de concilier l'un et l'autre.

Les médecins formés à l'étranger sont victimes de discrimination, dénonce la Commission des droits de la personne. La sortie a le mérite de ramener cet épineux dossier sur le dessus de la pile. Mais elle ne doit pas nous faire perdre de vue l'essentiel: le bien-être des patients. Québec doit trouver moyen de concilier l'un et l'autre.

Même lorsqu'ils ont réussi l'examen d'équivalence du Collège des médecins du Québec, les médecins formés à l'étranger n'arrivent souvent pas à décrocher une place en résidence. Et sans résidence, impossible d'obtenir le permis de pratique. Ces candidats font l'objet d'un traitement discriminatoire sur la base de leur origine ethnique, affirme la Commission. Rien de moins.

Nous avons quelques réserves quant aux problèmes relevés par l'organisme. L'éloignement de la pratique ou des études, par exemple. Les facultés mesurent le temps durant lequel les aspirants résidents sont restés à l'écart de la pratique ou des études médicales. Inexistante chez la plupart des diplômés québécois, cette période atteint quatre ans en moyenne chez les étrangers. Discrimination? À notre avis, ce critère relève plutôt de la prudence élémentaire.

Par contre, la Commission a raison de dénoncer le manque d'encadrement. Pour des candidats compétents, mais peu familiers avec la façon dont la médecine se pratique ici, ce facteur peut faire une grosse différence, particulièrement en entrevue.

Évidemment, les médecins formés à l'étranger ne peuvent pas tous être intégrés à notre système. Si leur parcours est trop différent, ou qu'ils ont cessé de pratiquer depuis trop longtemps, il sera beaucoup trop long et coûteux, voire impossible, de les amener au niveau des diplômés locaux.

Par contre, s'ils ont le potentiel nécessaire, et qu'il ne leur manque que quelques années de formation pour pouvoir fournir la même qualité de soins qu'un médecin éduqué ici, on aurait tort de s'en priver. Les facultés québécoises admettent en moyenne 56 diplômés étrangers en résidence chaque année. Mieux préparés, ils seraient sûrement plus nombreux.

C'est ce que Québec commence à faire. Vingt-huit candidats qui ont vu leur demande de résidence refusée recevront une évaluation et, pour la plupart, un stage de mise à niveau de quatre à six mois en milieu hospitalier. Une expérience qui devrait augmenter leurs chances de réussite, non seulement à la sélection, mais durant la résidence elle-même. Les premiers résultats sont attendus au début de 2012.  

Exercer la médecine n'est pas un droit fondamental. Mais si des gens nous arrivent déjà éduqués, voire expérimentés, et qu'il nous faut seulement investir quelques années de formation supplémentaires pour en faire d'aussi bons médecins que les diplômés d'ici, pourquoi ne pas en profiter?

En ces temps de pénurie, leur contribution sera certainement appréciée.