Le Code de la route est on ne peut plus clair: il est interdit de conduire en utilisant un cellulaire qu'on tient à la main. Y compris pour envoyer et recevoir des textos, évidemment. Pourtant, plus de deux ans après l'entrée en vigueur de la loi, de nombreux automobilistes s'entêtent à se servir de leur clavier. On ne peut pas attendre que la police intercepte les délinquants un par un. Les conducteurs doivent prendre conscience du danger que représente cette source de distraction, et avoir l'intelligence de s'en abstenir.

Le Code de la route est on ne peut plus clair: il est interdit de conduire en utilisant un cellulaire qu'on tient à la main. Y compris pour envoyer et recevoir des textos, évidemment. Pourtant, plus de deux ans après l'entrée en vigueur de la loi, de nombreux automobilistes s'entêtent à se servir de leur clavier. On ne peut pas attendre que la police intercepte les délinquants un par un. Les conducteurs doivent prendre conscience du danger que représente cette source de distraction, et avoir l'intelligence de s'en abstenir.

«Décès accidentel évitable», concluait récemment le rapport du coroner au sujet de la collision frontale qui a coûté la vie à François Couture, un quadragénaire de Sainte-Pie-de-Bagot. Évitable, le terme est bien choisi. Un premier véhicule a échappé de justesse à un face-à-face avec la victime en se tassant sur l'accotement. À son coup de klaxon, le conducteur fautif s'est redirigé vers sa voie, mais il a vite recommencé à dériver à gauche. L'autobus qui arrivait en sens inverse, lui, n'a pu l'esquiver.  

Dans les deux minutes précédentes, M. Couture avait écrit un message de 45 caractères à sa conjointe en conduisant, et reçu sa réponse. La route 112 n'avait pas toute son attention ce jour-là. «Plusieurs facteurs sont en cause», reconnaît la coroner Sylvie Dragon. L'automobiliste avait un taux d'alcoolémie de 0,2 (deux fois et demie la limite légale) et roulait très vite. On ne saura jamais si c'est l'échange de textos au volant qui a fait pencher la balance, mais une chose est sûre: cette distraction n'améliorait pas ses chances de se rendre à bon port.

Bien des automobilistes conjuguent ainsi volant et clavier. Le plus étonnant n'est pas qu'ils en soient capables. C'est qu'ils pensent que cette activité n'interfère pas avec leur conduite. Il a pourtant été démontré que même un appel en mains libres divertit l'attention. Imaginez l'effet d'un échange pianoté sur de minuscules touches...

Les adeptes du SMS devraient se rappeler qu'ils ne sont pas seuls sur la route. Il y a deux ans, l'un d'eux a entraîné dans le fossé un véhicule conduit par une mère qui rentrait chez elle avec son bébé de deux mois.

Quelle proportion des accidents de la route met en cause des cellulaires tenus à la main? Le nouveau rapport de police adopté ce printemps, qui recueille cette information de façon systématique, nous en apprendra davantage là-dessus. Toutefois, il faudra encore plus d'un an avant d'avoir des données substantielles.

La Société de l'assurance automobile ne devrait pas attendre après cela pour faire campagne contre le cocktail volant-clavier. La messagerie texte est de plus en plus utilisée. Par les jeunes, qui sont déjà surreprésentés dans les accidents de la route, mais aussi par les propriétaires de cellulaires de tout âge. Il est temps de leur rappeler que ce mode de communication, aussi attrayant soit-il, est incompatible avec la conduite d'un véhicule motorisé.