Vos chances de devenir centenaire sont en grande partie inscrites dans vos gènes, apprenait-on récemment dans la revue Science. Une découverte un peu moins claire aujourd'hui, alors que les chercheurs doivent refaire une partie de leurs analyses. Qu'importe. L'intérêt suscité par cette étude montre que la longévité fascine toujours autant, même si l'espérance de vie approche de plus en plus des trois chiffres.

Vos chances de devenir centenaire sont en grande partie inscrites dans vos gènes, apprenait-on récemment dans la revue Science. Une découverte un peu moins claire aujourd'hui, alors que les chercheurs doivent refaire une partie de leurs analyses. Qu'importe. L'intérêt suscité par cette étude montre que la longévité fascine toujours autant, même si l'espérance de vie approche de plus en plus des trois chiffres.

Des scientifiques de l'Université de Boston ont identifié 150 variantes génétiques permettant de savoir si une personne est prédisposée à souffler 100 bougies, et ce, avec une fiabilité de 77%. Toutefois, certains éléments de la recherche, dont les puces ADN qui ont été utilisées, pourraient avoir influencé les résultats. Les conclusions résisteront-elles à une seconde analyse? C'est ce qu'on saura bientôt.

Dans l'affirmative, on ne tardera pas à voir des entreprises offrir des «tests de longévité» à tous ceux qui se demandent s'ils atteindront l'âge mythique de 100 ans. Une perspective que déplorent les auteurs de l'étude. Avec raison. Ceux qui feront le test par jeu auront une anecdote amusante à raconter. Mais combien auront la sagesse d'en rester là? Le verdict du labo pourrait devenir lourd à porter.

Bonne nouvelle, vous êtes taillé dans le bois dont on fait les centenaires. Et alors? Vous faites de l'insomnie à l'idée que votre fond de retraite pourrait s'épuiser avant vous ? Vous déménagez le frigo à côté du sofa et prenez racine devant la télé : à quoi bon faire des efforts, n'est-ce pas? Ironiquement, ceux qui apprendront qu'ils n'ont pas la génétique d'un centenaire risquent d'avoir le même réflexe : si c'est comme ça, pourquoi se forcer, n'est-ce pas? Sans compter ceux qui déprimeront ou angoisseront devant un résultat négatif - alors qu'ils font peut-être partie du 23% de centenaires que le modèle ne réussit pas à détecter!

Cette fixation sur le nombre magique fait perdre de vue l'essentiel. Vivre longtemps est intéressant dans la mesure où l'on peut vivre pleinement. Les années supplémentaires perdent beaucoup de leur attrait lorsque la maladie ne permet plus d'en profiter. En 1920, le Canadien moyen pouvait espérer vivre 59 ans et sa veuve, lui survivre deux ans. Aujourd'hui, l'espérance de vie atteint 79 ans pour les hommes et 84 ans chez les femmes. Comment se rendre au moins jusque-là?

Jusqu'à 85 ans, la génétique ne compte que pour 20% à 30%, nous dit la science. Le reste vient surtout des choix de vie, comme l'alimentation, l'activité physique ou le tabagisme. Voilà déjà de quoi nous occuper pour quelques années. En croisant les doigts pour qu'une fois rendues à 85 ans, les connaissances aient suffisamment évolué pour nous permettre de faire un bout de chemin supplémentaire... d'un pas alerte, idéalement.