La famille de ce qu'on appelait autrefois les MTS (maladies transmises sexuellement) a changé de nom et s'est agrandie. On parle maintenant d'infections transmissibles sexuellement (souvent asymptomatiques, elles ne donnent pas l'impression d'être malades) et par le sang. Et cette famille est dangereusement prolifique au Québec. Une véritable épidémie, a souligné hier le directeur national de santé publique. Une épidémie silencieuse.

La famille de ce qu'on appelait autrefois les MTS (maladies transmises sexuellement) a changé de nom et s'est agrandie. On parle maintenant d'infections transmissibles sexuellement (souvent asymptomatiques, elles ne donnent pas l'impression d'être malades) et par le sang. Et cette famille est dangereusement prolifique au Québec. Une véritable épidémie, a souligné hier le directeur national de santé publique. Une épidémie silencieuse.

Si le qualificatif vous paraît familier, c'est qu'il a déjà été accolé à d'autres maux comme le diabète, l'hypertension et les maladies cardiovasculaires. L'origine des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) est bien différente, mais le principe est le même. L'ignorance fait des ravages.

Les moyens préventifs, pourtant, sont connus. L'utilité des condoms et des seringues propres n'est plus à démontrer. C'est dans la gestion des risques que ça se complique.

Consciemment ou non, les risques de transmission sont encore largement ignorés. Consciemment, quand l'individu fait l'impasse sur les infections auxquelles il s'expose et chasse cette pensée désagréable de son esprit au moment exact où il devrait s'en préoccuper. Et inconsciemment parce que la gravité de la situation, et donc l'ampleur des risques, est très sous-estimée.

Le nombre de nouveaux cas de chlamydiose et de gonorrhée sont en forte augmentation depuis la fin des années 90. La syphilis aussi. Elle fait beaucoup moins de victimes, mais sa progression exaspère, car elle avait pratiquement disparu du paysage. Le nombre de nouveaux cas de VIH refuse de diminuer malgré tous les efforts faits en ce sens. Les statistiques, évidemment, ne reflètent que les cas dépistés. Or, beaucoup de personnes infectées ne présentent pas de symptômes. L'épidémie n'est pas seulement silencieuse, elle aussi invisible.

Que faire? Ajouter de vrais cours d'éducation sexuelle au programme scolaire serait un bon début. Une formation qui ne se limiterait pas aux questions d'hygiène, mais aborderait les situations réelles, là où se prennent les décisions. Savoir à quoi sert un préservatif n'est d'aucune utilité quand aucun des deux partenaires n'a le courage de l'imposer. Certains diront que s'il faut du courage, ou s'il faut l'imposer, il y a déjà un problème, mais il ne faut pas être hypocrite. L'utilisation systématique du condom n'est pas une habitude facile à intégrer, point. Même des adultes généralement responsables ont du mal à s'y tenir. Nier cette difficulté ne contribue en rien à la prévention.

Souhaitons aussi que Québec soit conséquent, et que son cri d'alarme s'accompagne d'efforts accrus en matière de sensibilisation et d'intervention.

En ce moment, les Québécois banalisent les risques d'ITSS et se tiennent loin des moyens de précaution. Il faut inverser la tendance: banaliser l'usage des moyens de précautions afin de tenir les risques à l'écart. Plus facile à dire qu'à faire.