Les Canadiens sont très à l'aise d'utiliser les nouvelles technologies pour gérer leurs finances personnelles. Ce sont les décisions elles-mêmes qui posent problème, révèle une vaste enquête de Statistique Canada dont nous avons obtenu copie.

Les Canadiens sont très à l'aise d'utiliser les nouvelles technologies pour gérer leurs finances personnelles. Ce sont les décisions elles-mêmes qui posent problème, révèle une vaste enquête de Statistique Canada dont nous avons obtenu copie.

Le sondage a été mené l'an dernier auprès de 15 519 adultes de partout au pays. Plus de 80% ont internet à la maison, et ils n'ont pas peur de s'en servir. C'est, de loin, le moyen le plus utilisé pour payer les factures et vérifier le solde des comptes bancaires. Là s'arrête l'enthousiasme.

Plus de la moitié des sondés l'avouent tout net: ils n'aiment pas s'occuper des questions financières. La majorité se trouvent assez bons pour joindre les deux bouts, faire le suivi de leur argent ou magasiner un prêt, mais cette belle assurance s'effrite lorsqu'on élargit le sujet. Presque un Canadien sur cinq reconnaît avoir une piètre connaissance du domaine financier et ne pas être très bon pour se tenir au courant de ces questions. Plus de deux sur cinq ne connaissent pas assez les investissements pour choisir les plus adaptés à leur situation.

Et ce n'est pas de la fausse modestie. L'enquête fait ressortir des lacunes flagrantes. À peine la moitié des répondants savent que les actions en Bourse ne sont pas assurées. Ils ne sont pas plus nombreux à savoir ce qu'est un rapport de solvabilité. Est-ce pour cela que plus des deux tiers n'ont jamais demandé le leur? Ils devraient. Parmi ceux qui l'ont fait, un sur cinq a trouvé des erreurs!

C'est préoccupant. Comment peut-on s'occuper de ses affaires quand on ignore les réalités les plus élémentaires? On ne parle pas de placements complexes. Un Canadien sur cinq ne sait pas qu'il risque des frais s'il utilise sa carte de débit ailleurs dans le monde. On peut gaspiller beaucoup d'argent par ignorance.

Près de la moitié de la population adulte ne fait pas de budget. De fait, on peut fonctionner très bien sans ça. Certains principes de base n'en sont pas moins incontournables. Prévoir un coussin, par exemple. Plus d'un Canadien sur 10 serait incapable d'affronter une dépense imprévue de 5000$. C'est inquiétant.

Compte tenu du temps et de l'énergie que les citoyens consacrent à gagner leur argent, on s'attendrait à ce qu'ils s'intéressent davantage à sa gestion. Pas nécessairement pour devenir des investisseurs sophistiqués. Mais, au moins, pour éviter les erreurs coûteuses.

Faut-il s'en étonner? Près de la moitié des répondants ont déjà pris une décision financière qu'ils ont regrettée. Et plus d'un retraité sur cinq se retrouve avec niveau de vie moins bon que prévu.

Les Canadiens vivent longtemps. Et dans l'état où sont les régimes de retraite des employeurs, ils devront compter de plus en plus sur leurs propres ressources pour assurer leurs vieux jours. Mais pour être capables de bien planifier, et de faire des choix éclairés, ils devront d'abord surmonter leur aversion pour la chose financière.