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Garantir la forêt

Le gouvernement conservateur refuse d'offrir des garanties de prêts à l'industrie forestière pour ne pas contrevenir aux accords de commerce internationaux. Québec, pourtant, vient de le faire pour Abitibi-Consolidated. Faut-il craindre des représailles?

Le débat, on le sait, a commencé bien avant qu'Abitibi ne se mette à l'abri de ses créanciers. Le ministre fédéral Jean-Pierre Blackburn ne veut pas entendre parler de garanties de prêts spécifiques pour la forêt. Selon lui, une intervention gouvernementale qui permettrait à ce secteur d'emprunter à des taux plus favorables serait considérée comme un avantage inacceptable. Le Bloc québécois et les syndiqués de l'industrie prétendent le contraire, en s'appuyant eux aussi sur des avis juridiques. Bref, un dialogue de sourds.

 

D'où l'intérêt de l'aide annoncée par Québec - outre le fait, bien sûr, qu'elle contribue à la survie d'un employeur majeur en région. Le geste est-il risqué? Au bureau du ministre des Finances, Raymond Bachand, on affirme que non. Cette aide ne contrevient pas à l'accord sur le bois d'oeuvre puisqu'il ne s'agit pas d'une subvention directe, mais bien d'une garantie de prêt commercial qui n'a pas d'impact sur le coût de la fibre, nous dit-on.

Ottawa est-il trop précautionneux? Ou craint-il au contraire que Québec ne soit allé trop loin et n'attire les foudres des Américains? Le ministre Blackburn a réagi avec prudence vendredi, indiquant que l'aide offerte par Québec ressemblait à ce que le fédéral fait avec Exportation et développement Canada (EDC).

Le moins qu'on puisse dire, c'est que les Américains ne voient pas les choses du même oeil! La garantie de prêt du gouvernement du Québec à AbitibiBowater viole l'accord commercial sur le bois d'oeuvre, a répliqué la Coalition for Fair Lumber Imports dans un communiqué émis le jour même. Le lobby, qui regroupe des producteurs de bois d'oeuvre de petite et de grande taille, va demander l'intervention de Washington dans ce dossier.

Reste à voir si le gouvernement américain acceptera de monter au créneau là-dessus. Après tout, il s'agit d'une aide temporaire accordée à une seule entreprise dans des circonstances exceptionnelles, et non d'un programme visant à favoriser l'ensemble de l'industrie.

Malheureusement, Québec n'a pas donné assez de détails pour qu'on puisse prédire les conséquences de son geste. Dommage, car il s'agit d'un développement majeur. Et si les craintes d'Ottawa étaient exagérées? Nous sommes impatients d'avoir la réponse à cette question. Car en s'abritant derrière la menace de l'accord sur le bois d'oeuvre, Ottawa évite le vrai débat: est-ce une bonne idée de soutenir la forêt de façon aussi directe? Ou vaut-il mieux laisser cette industrie, qui battait de l'aile bien avant la crise économique, se réorganiser d'elle-même - au risque que certains acteurs, comme Abitibi, soient forcés de le faire à la dure? Il serait temps que le gouvernement conservateur nous donne le fond de sa pensée là-dessus.

Abitibi reviendra bientôt devant les tribunaux pour faire approuver les conditions de son prêt et de la garantie fournie par Investissement Québec. Souhaitons que ces informations nous aident à y voir plus clair.

 




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