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Le bout du tuyau

Ottawa pourra difficilement donner le feu vert au... (Robin Rowland, La presse canadienne)

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Ottawa pourra difficilement donner le feu vert au Northern Gateway devant l'impopularité de l'oléoduc en Colombie-Britannique.

Robin Rowland, La presse canadienne

André Pratte
La Presse

Après un an et demi d'audiences publiques, la Commission d'examen conjoint du projet d'oléoduc Northern Gateway a entendu les représentations finales des parties la semaine dernière. La Commission publiera son rapport d'ici la fin décembre. Rappelons que cet oléoduc, proposé par Enbridge, transporterait le pétrole albertain sur une distance de 1170 kilomètres jusqu'aux côtes de la Colombie-Britannique. De là, l'or noir sera chargé dans des superpétroliers à destination de l'Asie.

On peut s'attendre à ce que les trois commissaires, réunis par l'Office national de l'énergie et l'Agence canadienne d'évaluation environnementale, recommandent l'approbation du projet en l'assortissant d'une foule de conditions. Toutefois, le dernier mot appartiendra au gouvernement Harper. Or, on voit mal comment Ottawa pourrait donner le feu vert au projet, compte tenu de l'opposition ferme du gouvernement et de la majorité de la population de la Colombie-Britannique.

L'importance, non seulement pour l'Alberta mais pour l'ensemble du pays, de trouver de nouveaux marchés pour le pétrole des sables bitumineux n'est plus à démontrer. De nouveaux oléoducs doivent être construits vers l'Ouest (pour les marchés asiatiques) et vers l'Est (pour les marchés de l'Ontario, du Québec et des provinces atlantiques).

Enbridge a fait un travail considérable pour rassurer les gens inquiets de l'impact de son oléoduc sur l'environnement. Cependant, la mauvaise réputation de l'entreprise (à la suite du déversement de 20 000 barils de pétrole survenu en 2010 au Michigan) a miné ses efforts. De plus, la fragilité écologique des territoires que traverserait l'oléoduc et le transport du pétrole par superpétroliers dans le canal Douglas ont rendu le projet particulièrement impopulaire. Enfin, l'indifférence évidente du gouvernement Harper pour l'environnement nuit considérablement à la crédibilité des organismes fédéraux de surveillance, telle la Commission d'examen conjoint.

Certains groupes - notamment des autochtones et des écologistes - s'opposeront à tout projet d'oléoduc. À leurs yeux, les risques seront toujours trop grands et l'exploitation des sables bitumineux devrait cesser. Enbridge n'aurait rien pu faire pour qu'ils changent d'idée. L'échec de l'entreprise auprès de la population et du gouvernement de la Colombie-Britannique est beaucoup plus grave et probablement déterminant.

D'autres projets à l'étude seront peut-être mieux accueillis. Il le faut. Leurs promoteurs doivent faire un meilleur travail qu'Enbridge. Surtout, le gouvernement fédéral doit changer de ton et convaincre la population qu'il se soucie autant de la protection de l'environnement que du développement économique. Par leur parti pris flagrant pour l'industrie pétrolière, les conservateurs croyaient lui faciliter la vie; c'est peut-être le contraire qui est en train de se produire.




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