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Inondations et inégalités

Si les dommages sont grands dans les Prairies... (Photo Reuters)

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Si les dommages sont grands dans les Prairies canadiennes, ils sont énormes dans le nord de l'Inde (photo). Des maisons ont été emportées, des routes et des ponts détruits. Les catastrophes naturelles n'épargnent pas les pays riches, mais les régions pauvres sont toujours plus durement touchées.

Photo Reuters

André Pratte
La Presse

L'Alberta a commencé à se relever des inondations qui ont fait trois morts et forcé l'évacuation de 100 000 personnes, notamment du centre de Calgary. Les dégâts sont considérables. Mais la province dispose des ressources financières et techniques, en plus de la détermination de ses habitants, pour rebâtir rapidement.

Pendant ce temps, dans le nord de l'Inde, des centaines de personnes, peut-être jusqu'à 5000, ont perdu la vie dans les inondations et les glissements de terrain provoqués par le début de la mousson. En Alberta, il est tombé jusqu'à 340 millimètres de pluie en cinq jours. Dans la province indienne d'Uttarakhand, il en est tombé 280 millimètres... en deux jours.

Si les dommages sont grands dans les Prairies canadiennes, ils sont énormes dans le nord de l'Inde. Des maisons ont été emportées, des routes et des ponts détruits. Les catastrophes naturelles n'épargnent pas les pays riches, mais les régions pauvres sont toujours plus durement touchées. «L'étendue des dommages causés par les désastres naturels n'est pas seulement déterminée par la nature, rappelle Oxfam. La pauvreté, l'exclusion, les inégalités, de même que des décisions et gestes politiques inappropriés ont aussi un impact.»

En Alberta, les inondations auront un impact négatif - mais temporaire - sur la situation économique et financière de la province. En Inde, les régions affectées prendront des années à s'en remettre. Déjà, l'économie indienne tourne au ralenti. Un tiers de la population du pays vit encore sous le seuil de la pauvreté.

Dans l'Ouest canadien, on reproche au gouvernement Redford d'avoir laissé sur une tablette un rapport de 2006 recommandant diverses mesures pour limiter les dégâts lorsque les rivières sortent de leur lit. Toutefois, il ne fait aucun doute que l'Alberta est beaucoup mieux préparée que ne l'est l'Inde. Dans une vérification publiée il y a deux mois, le Contrôleur général indien a souligné qu'à peu près rien n'a été fait depuis l'adoption de la Loi sur la Gestion des désastres, il y a huit ans. Créée en 2007, l'agence de prévention des catastrophes naturelles de l'Uttarakhand «n'a formulé ni règlements ni politiques ni lignes directrices». La négligence non plus n'est pas également répartie.

Selon Environnement Canada, en raison des changements climatiques, les inondations risquent de se produire plus souvent dans les Prairies. Dans le cas de l'Inde, un rapport de la Banque mondiale estime que la hausse des températures pourrait accroître considérablement la fréquence des moussons extrêmes, d'une fois par siècle à une fois par décennie.

D'où la nécessité, pour les pays riches comme pour les pays en développement, de prendre des mesures pour circonscrire les dommages causés par les désastres naturels, ce même si les coûts à court terme sont importants. D'où aussi l'urgence d'agir pour contrer les changements climatiques, même si les conséquences nous paraissent parfois lointaines, au plan temporel comme géographique. Personne n'est à l'abri.




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