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Trop loin

Le témoignage d'Edward Snowden est troublant à plus... (PHOTO Ewen MacAskill, The Guardian)

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Le témoignage d'Edward Snowden est troublant à plus d'un titre. Par exemple, comment se fait-il qu'une personne embauchée il y a à peine trois mois par une entreprise privée sous contrat avec la NSA puisse avoir accès à des informations aussi sensibles?

PHOTO Ewen MacAskill, The Guardian

André Pratte
La Presse

Les révélations des derniers jours au sujet du programme de surveillance des communications par les services secrets américains indiquent que celui-ci a une envergure insoupçonnée. Depuis sept ans, la National Security Agency (NSA) amasse une quantité inouïe d'informations - des «métadonnées» - sur les appels téléphoniques faits à l'étranger et aux États-Unis. Elle jouit aussi d'un accès direct aux serveurs des géants internet tels Google, Facebook et Apple, où elle peut apparemment consulter à sa guise les courriels, les chats et les échanges sur les médias sociaux.

«On ne peut pas avoir la sécurité à 100% et en même temps une vie privée à 100%, a souligné le président américain, Barack Obama. Notre société devra faire des choix.» Bien sûr. Mais pour être en mesure de faire ces choix, les citoyens doivent être au courant des sacrifices auxquels on leur demande de consentir. Or, n'eût été de la décision d'un analyste de la NSA, Edward Snowden, de couler de l'information aux médias, on n'aurait sans doute jamais connu les dimensions du filet tendu par les services de renseignement.

Les Canadiens sont concernés par cette affaire. Comme le révélait hier le Globe and Mail, le gouvernement fédéral a lui aussi approuvé la collecte de métadonnées sur les communications téléphoniques et électroniques. Le ministre de la Défense, Peter MacKay, jure que ce programme du Centre de la sécurité des télécommunications vise uniquement des échanges ayant lieu à l'étranger. Mais, compte tenu des liens étroits entre les services secrets des deux pays, on ne peut qu'être préoccupé par la situation.

Les citoyens des démocraties occidentales exigent que les autorités fassent l'impossible pour prévenir les attentats terroristes. Jusqu'où sommes-nous prêts à accepter qu'on amasse des données relatives à nos échanges personnels et professionnels? Une fois ces renseignements obtenus, qu'est-ce qui nous garantit que les forces de l'ordre ne les emploieront pas à mauvais escient? La collecte d'une quantité aussi énorme d'informations est-elle vraiment utile dans la lutte au terrorisme?

Le témoignage d'Edward Snowden est troublant à plus d'un titre. Par exemple, comment se fait-il qu'une personne embauchée il y a à peine trois mois par une entreprise privée sous contrat avec la NSA puisse avoir accès à des informations aussi sensibles?

Parlant le mois dernier de la guerre au terrorisme, M. Obama soulignait: «Les décisions que nous prenons vont définir quelle sorte de pays et de monde nous laisserons à nos enfants.» En effet. C'est pourquoi, au lieu de s'en prendre aux médias, les gouvernants devraient être plus transparents au sujet des informations qu'ils colligent.

Bien sûr, tout ne peut pas être dit. Cependant, entre le secret absolu et le dévoilement complet, on peut trouver un juste milieu plus conforme aux valeurs démocratiques.




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