Source ID:; App Source:

À quand les croix rouges?

Une salle d'attentes aux urgences d'un hôpital montréalais.... (Photo André Pichette, La Presse)

Agrandir

Une salle d'attentes aux urgences d'un hôpital montréalais.

Photo André Pichette, La Presse

André Pratte
La Presse

Chaque jour, des centaines de Québécois sont stationnés pendant des heures dans les urgences de nos hôpitaux, sans soins, sans confort, sans intimité. Pendant ce temps, des milliers de personnes âgées sont parquées dans les CHSLD, dans des chambres minuscules, croupissant dans une couche souillée.

Il en est ainsi depuis 20, 30 ans, sans que cela ne suscite davantage qu'une indignation passagère à la suite de reportages dans les médias, tels ceux de Louise Leduc et Daphné Cameron publiés dans nos pages cette semaine. Où sont donc la belle solidarité, l'élan de justice sociale qu'était censé exprimer le «printemps érable» ?

Des dizaines de milliers de Québécois sont descendus dans la rue, portant le carré rouge et tapant sur des casseroles. Ils ont pris fait et cause pour les étudiants, des jeunes en parfaite santé, faisant partie d'une minorité privilégiée grassement subventionnée par l'État. Que pensent ces mêmes Québécois solidaires du sort des gens malades, abandonnés dans les urgences? De celui des aînés, laissés à eux-mêmes dans les hospices? À quand le mouvement des croix rouges?

«Ça n'a pas de sens qu'on tolère ça!», a déclaré à La Presse le Dr Bernard Mathieu, président de l'Association des médecins d'urgence du Québec, en prenant connaissance de notre «palmarès des urgences».

En arrivant au Québec il y a quelques années, Christian Paire, directeur général du CHUM, fut consterné par la congestion dans les urgences: «En France, les gens n'accepteraient jamais une telle situation.»

Au fil des ans, les gouvernements successifs ont multiplié les comités d'experts, les plans d'action et les investissements. Les résultats ont toujours été décevants. Pourquoi? Parce que les problèmes sont d'une ampleur telle qu'on pourrait seulement en venir à bout en en faisant LA priorité de l'État. Or, la population, notamment les nombreux groupes de pression, a bien d'autres préoccupations. Aussi, des 12 milliards de plus dépensés aujourd'hui dans le secteur de la santé (comparativement à 2002), combien sont allés dans l'amélioration des services? Combien dans le rehaussement des conditions de travail du personnel, notamment de la rémunération des médecins?

Les Québécois tiennent bien plus aux garderies à 7$ (tarif gelé pour l'éternité) et à de nouvelles autoroutes (sans péage svp) qu'à de meilleurs soins dans les urgences et les CHSLD. Plusieurs trouvent plus important que le gouvernement chouchoute les étudiants plutôt que d'assurer le confort et la dignité des vieux.

Hier, le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a annoncé la mise sur pied d'une «Commission spéciale d'examen des événements du printemps 2012». On continuera donc à gratter ce bobo-là pendant des mois et à gémir sur le sort de notre pauvre jeunesse.

Les vieux et les malades, eux, ne peuvent pas descendre dans la rue. Et personne, ni les étudiants ni les artistes ni les syndicalistes, ne manifestera pour eux.




la boite: 1600127:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

La liste:-1:liste; la boite:2525685:box; tpl:html.tpl:file

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer